JARDIN DE LUNE

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Paris, en rêvant, en pleurant

le mardi 28 novembre 2017, à 07:03. Posté par Philip de Berg


    La lune s’attristait.
    Moi, je m’enivrais savamment de son parfum de tristesse…..
    (Stéphane Mallarmé)

    Aux larmes repenties que pleure l’horizon,
    Quand les cieux déversent, en aveugle ennemi,
    Ses cargaisons de pluie, ses serments à foison,
    Je réponds en rêvant, mon cœur s’est endormi.

    Et toi tu m’espères, en priant aux grands vents
    Quand le soir s’affaisse pour rejoindre la nuit,
    Dans ces rues si froides où nous marchions souvent,
    Moi je cours à grand pas, t’offrant mon désennuie.

    Apollinaire est mort, un matin de novembre,
    Les vieux ponts sont en deuil, gémissant au Levant,
    Tandis que le remord, couché là sous la cendre,
    Au poète oublié, tisse un chant énervant.

    J’ai choisi le partage en ce soir caressant,
    Pour égayer ton nid du souvenir de Rois,
    Qui de leurs plumes d’Or, de mots assourdissants,
    Abreuvent nos espoirs, apaisent nos effrois.

    Apollinaire est mort en laissant aux frimas,
    Le soin d’une oraison pour mieux se consoler,
    Pour lui c’est ma chanson, comme un bien noble appât,
    Que je veux lui dédier pour mieux le consoler.

    Les complaintes d’hiver ne sont pas réveillées,
    Sur ce Paris pluvieux grognant tout en cadence,
    Sur les pavés glissants des rues ensommeillées,
    Trainent en maugréant, des lambeaux de silence.

    Quand tu te lèveras dans le matin blafard,
    En lisant tous ces mots que je t’aurai écrits,
    La chanson des faubourgs se perdra au hasard
    Pour laisser mes serments devenir ton abri.

    Apollinaire est mort sous le pont Mirabeau,
    Quand le vent nocturne distillait ses adieux.
    Demain mon audace viendra au jour nouveau
    En habits rutilants, chanter de doux aveux.

    La lune s’apaisait,
    Et moi, le cœur en paix, je priais savamment en écoutant le ciel…..

    Illustration : Photo Philip
    Illustration musicale : Erik Satie (Gymnopédie n°1)
    https://www.youtube.com/watch?v=WcfxFxWI9R8

<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 21 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (Jardin de Lune) le mardi 28 novembre 2017, à 07:16
Avec un Paris nostalgique et "spleeneux" à l'approche de l'hiver, un clin d'oeil à Guillaume Apollinaire. Amoureux de Paris et du souvenir de Marie Laurencin, le poète flanait souvent dans les rues de la Capitale.
Pourtant, l'ouverture de se poème, je l'ai emprunté à des vers....de Mallarmé !!!!
(Pour les puristes : eh oui, j'ai laissé à plusieurs reprises un "e" des mots de fin avant la césure.
Et puis, il y a un déluge de participes présents !!!
Et même un vers de 13 pieds !!!!
Mais, après tout, ce poème n'ambitionne aucune forme)
Ah plus intéressant : si vous écoutez le morceau de musique, à Satie, succède le Clair de Lune de Debussy, tout aussi intéressant pour accompagner la lecture du poème.
Bonne lecture à tous et à toutes.
Et belle journée. Amitiés, Philip.

joey de provence le mardi 28 novembre 2017, à 07:32
coucou Philip alors on est bien tristounet aujourd hui quoi il pleut chez toi ? nous on regorge de soleil et je t'envoi du Pagnol "Le plus grand mérite d'une poésie c'est d'être bien placée dans la conversation" a bientôt mon ami Philip le parisien tristounet ,,,,, amicalement Joey !

aurorefloreale le mardi 28 novembre 2017, à 07:48
Paris comme toutes les villes distille sa tristesse au travers de rideaux de pluie et de monotonie , très beau poème cependant tout en mélancolie!

Philip (Jardin de Lune) le mardi 28 novembre 2017, à 08:46
Pour JOEY :
Merci Joey, pour le rayon de soleil que tu m'envoies de Provence.
Mais non, je t'explique? Hi, hi….
Les poèmes sont tristounets…mais pas moi !!!!
C’est tout bête, quand je me suis mis à aimer la poésie, tout jeune, les poètes plutôt tristes (Baudelaire, Verlaine….) m’ont fasciné pour leur écriture.
J’aimais la manière dont ils écrivaient leur tristesse.
Alors, encore aujourd’hui, poésie – dans mon style d’écriture – se conjugue bien avec tristesse. C’est pourquoi mes poèmes sont souvent mélancoliques.
Ou tristes. Comme celui-ci.
Te voilà rassurée ???? En tout cas, merci pour ta gentille attention.
Amitié et belle journée sous le soleil provençal pré-hivernal. Philip

Pour AURORE :
Bonjour Chantal.
Merci d'avoir aimé ce poème "mélancolique". Bon tu as eu l'explication en lisant ce que je viens d'écrire à Joey.
Mais il est vrai que, quand on n'a pas la chance d'habiter sous le soleil, Paris est en effet un ville qui va très bien avec le spleen.
Tu sais, je me promène très souvent sur les lieux parisiens où vivaient les Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire...
Belle journée à toi. Amitiés. Philip

Rêveuse le mardi 28 novembre 2017, à 10:53

Bonjour Philip!
C'est toujours un bonheur de vous lire et de me glisser entre les lignes, entre les vers en ce Paris mélancolique et rêveur!

Vous réussissez à communiquer cette émotion qui vous traverse et cela c'est tellement important à mes yeux!
merci et bonne journée avec mes amitiés rêveuses

Micheline1940 le mardi 28 novembre 2017, à 12:42
" Pourtant mon cœur mourant s’affligeait à la peine
En sondant le rivage où rien ne surgissait :
Qu’une folle étincelle accablée d’une humaine
Clameur au rythme lent, sous un chant contrefait. "

J'avoue, cher Philip, être resté sur votre dernier poème qui m'a touchée en plein cœur, et si je vous le répète ici, c'est pour vous le faire savoir, et vous communiquer mon émoi de lecture au moment où je le découvrais..
Quant à ce poème libre sur Paris, il est tout aussi prenant, mais seulement si Mallarmé, tout comme comme Apollinaire, revenaient sous les Cieux de Paris, ils seraient ô combien horrifiés de la faune qui saccage leur chère et merveilleuse Capitale... Comment reconnaître ce qui fût leur Paris ? comme le notre d'ailleurs ? Quelquefois il me prend une furieuse envie de revenir aux temps anciens et splendides de la Capitale, où Tous les Beaux Esprits en faisaient l'incontestable Talent, et la rareté de ce Monde... Ah ! combien sommes-nous loin de ce passé glorieux !
Ce qui fait la beauté de votre texte, c'est précisément qu'il nous donne à voyager dans le temps, l'espace d'un poème... Mais justement c'est là que nous nous envolons vers des heures d'émotion qui ravivent des souvenirs ineffaçables !
Grand merci, cher Philip, pour le savoir nous donner les réminiscences d'un lumineux et incomparable Paris aux Poètes disparus.
Toujours bien amicalement,
Micheline.

Micheline1940 le mardi 28 novembre 2017, à 12:44
Est-ce une vue de L'avenue d’Eylau qui trône au-dessus du poème ?
Bonne journée !!!
Micheline.

Philip (Jardin de Lune) le mardi 28 novembre 2017, à 13:15
Pour MICHELINE :
Chère Micheline, je suis heureux de vous avoir fait voyager dans le passé parisien avec les quelques vers, que je dépoussière toujours d'une certaine modernité envahissante lorsque qu'elle ne sied pas au climat si particulier des ces grands poètes disparus.
Mais Paris n(a (presque) plus de secrets pour moi, et je sais où chercher les traces du passé, vibrer en poussant une porte, entrer dans un passage, une galerie...sans rencontrer l'enseigne d'un McDonald.
Il en est de même pour Londres que je vais retrouver à ravir pendant une dizaine de jours.
La photo que j'ai prise pour illustrer le poème n'est pas l'avenue d'Eylau. C'est la rive gauche, rue Saint-Dominique.
Belle journée à vous, chère Micheline. Amitiés. Philip

Pour REVEUSE :
Eh bien merci à toi, Rêveuse, si je suis parvenu à communiquer l'émotion.
Je crois que ma passion pour la littérature (la poésie comprise=, le (bon) cinéma aussi, contribuent à façonner l'émotion. La recette n'est pas si compliquée de cela, après tout.
Il faut par contre juste "s'identifier" et quitter un instant la réalité, le temps d'écrire le poème.
Amitiés, et à très bientôt, Rêveuse. Philip

Micheline1940 le mardi 28 novembre 2017, à 13:47
Rue Saint Dominique ! Je connais bien !
Je suis repassée par Venise et vous y ai laissé "une nouvelle impression" à la suite de votre réponse à mon commentaire... À plus ?
Amitiés !
M.

Isabelle le mardi 28 novembre 2017, à 16:26

Bonjour Philip,

Comme un comédien tu arrives à te glisser dans la peau du poète pour écrire, c'est ça le talent car, en te lisant on vit l'histoire!

Je me joins aux amis pour venir t'applaudir! J'aime beaucoup la photo, on dirait une gravure de l'artiste Michel Thomas, le peintre qui dessinait les "Gamins de Paris!"

Aaah Paris, je crois que je deviens une vraie Parisienne, j'adore de plus en plus cette ville, pourtant, mon coup de cœur est toujours pour l'Angleterre mais, je pense que c'est normal, tant de souvenirs là-bas!

Merci de ce beau partage, merci pour la musique aussi, chez toi on y découvre toujours de belles choses :-)

Bonne fin de journée
Amitiés
Isabelle :-)


mariepaule le mardi 28 novembre 2017, à 21:10
Coucou Philip

Un délice

Gros bisous
Om
Marie

Loïc le mardi 28 novembre 2017, à 22:45

Eh bien, la série "matins sinistres" continue ! Encore un changement de style d'écriture, cependant. Ici, le rythme est marqué par la récurrence d' "Apollinaire est mort" (d'ailleurs le poème, ai-je pensé, aurait pu commencer au 3e quatrain ?).

Changement de style aussi parce que c'est moins lyrique et plus terre-à-terre (peu d'envolées, vocabulaire simple). A mon sens, ce n'est pas mieux que les deux autres versions, mais complémentaire, une autre approche, plus factuelle ; peut-être qu'on se sent plus proche des descriptions faites par celui-ci. C'est... juste autre chose.

Sinon, il faut que tu fasses attention à un problème : la césure. OK, tu ne fais pas du classique, mais du néo ; seulement les deux sont coulés par la prononciation de multiples E ou ES que tu mets au 6e pied. Exemple (il y en a 2 rien que dans le dernier quatrain) : "Demain mon audac-EU // viendra..." Ouille.

Mais bref bref. Ce poème sur ton identification à Apollinaire est par ailleurs réussi ; et tu as encore des ponts à franchir pendant que l'eau coule dessous :)

Bye friend !

http://www.mespoemes.net/cellox


Philip (Jardin de Lune) le mercredi 29 novembre 2017, à 07:22
Hello, Loïc !
Ah, tu me donnes beaucoup de lecture ce matin, et du commentaire en réponse.
Bah, je ne vais pas me plaindre.
Ah, la forme sur ce poème ?
C'était une poème dont j'ai pris intérêt à l'écrire pour le fond...mais pas sur la forme bien sûr.
Je t'explique. C'est un remaniement d'un poème ancien. Donc d'une période où je n'écrivais même pas du néo, ou une fois de temps en temps.
Puis, j'ai voulu, là, l'écrire en prose, justement parce qu'il y avait des vers écrits n'importe comment, dans la forme.
Puis ma paresse m'a fait juste remanier ici, quelques vers pour qu'ils fassent au moins 12 pieds. Puis, puis....il y avait des ie, ies, hiatus à transformer à la césure...Bouh ! Quel boulot en perspective !!!!
Donc ça a donné ce résultat, qui dépare bien sûr dans l'équilibre par rapport à de précédents poème. Mais bon..... !
Le fond....oui....il m'a intéressé.
A chaque fois que je passe le pont Mirabeau, je pense à Apollinaire (mais ce pont est "moche" dans un quartier pas attrayant).
Là c'était au cours d'une balade près du quartier Latin...
Oui, le poème aurait pu être plus percutant par une accroche qui commence direct sur "Apo' mort".
A bientôt. Philip

Philip (Jardin de Lune) le mercredi 29 novembre 2017, à 08:43
Pour MARIE PAULE :
Merci d'avoir aimé, Marie Paule.
Bon, comme dit Loïc, c'est le genre "matins sinistres" :(
Mais c'est "pour de rire" et une de mes marques de fabrique. Si j'écris un poème joyeux, il a de fortes chance d'être mauvais ! Bisous. Philip.

Pour ISABELLE :
Merci d'être passée, Isabelle.
Ah, c’est gentil cette comparaison « comme un comédien ». J’ai le souvenir – pardon pour l’immodestie – d’avoir surpris un jour l’auditoire, en déclamant à la société des poètes français, un long et émouvant poème de Baudelaire, avec presque des sanglots dans ma voix, comme si je vivais le texte.
Oui, même si les poèmes sont imaginaires, il est possible de pénétrer l’ambiance ou les personnages, s’il y en a, et alors on est non seulement au centre de l’idée, mais au cœur de l’émotion.
Si j’adore la Nature, je dois dire que Paris, dans ce que cette ville a de meilleur et de plus insolite, est toujours surprenante.
Tout comme Londres où je vais avoir le privilège de retourner une dizaine de jours très bientôt. Alors, peut-être des poèmes sur London ?
Amitiés, Isabelle. Philip.

Miles le mercredi 29 novembre 2017, à 20:48
Bonsoir Philip,
Ce poème là.... je l'ai fini bercée par une belle image que ma ramené votre poème ! ( rien à voir du coup )
Nan, j'aime vraiment bien votre poème ! Peut être même plus le sentiment qui en ressort !
À très vite !

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 30 novembre 2017, à 06:43
Pour MILES :
Ah, merci encore, chère Miles, pour tes compliments.
Et en plus, il semble que je t'ai rappelé un souvenir !
Oui, il y a du sentiment, en effet, dans ce poème.
Et puis, à Paris....où coule la Seine et notamment sous le Pont Mirabeau, comme disait Apollinaire, tout est prétexte à l'âme romantique, juste à condition de poser ses yeux là où il faut, et faire oeuvre d'un peu d'imagination.
Belle journée à toi, Miles. Amitiés. Philip.

Susan (Coquelicot ) le jeudi 30 novembre 2017, à 08:34
Coucou Philip
Joli clin d'oeil à Guillaume Apollinaire.
Tout comme lui, tu aimes flâner dans les rues de Paris, parce que toi aussi tu en es amoureux !
Et comme je te comprends, cette ville est magique, lorsqu’on s’y promène, on y découvre des lieux où de *Grands hommes* ont vécu.
Chaque balade est toujours enrichissante et émerveillement …

La photo de la rue Saint-Dominique au ciel grisonnant, illustre bien ton joli poème et Erik Satie l’accompagne très bien ….
Bisous. Susan

domidom le jeudi 30 novembre 2017, à 12:08
Coucou Philip....
Que dire de plus sinon que ce poème est une petite merveille, je t'avais noté quelques erreurs de prosodie, que Loïc à bien sur relevées avant moi, alors ....
De toute façon, je m'aperçois que tu t'approche tout doucement du classique, il faudrait encore un tout petit effort, mais vraiment , tout petit, et tu deviendrais le (roi du classique).
Merci pour ce poème, c'est trop beau, j'ai adoré...
A plus, Domie

Philip (Jardin de Lune) le vendredi 01 décembre 2017, à 06:11
Pour DOMIE :
Merci Domie pour tes compliments.
Ah ce n'est pas, dans la forme, le meilleur de mes poèmes. Il est vrai que la lecture de cet écrit serait plus agréable et équilibrée si je prenais le temps de le retravailler....mais je suis trop paresseux pour ça ! :(
Euh..."roi du classique"...ça m'étonnerait.
Un poète sympa qui fait plaisir à ses autres ami(e)s poètes, ça me suffit amplement !
A bientôt, Domie, gros bisous. Philip

Pour SUSAN :
Oui, comme tu le sais, si Paris a des endroits devenus sans aucun attrait ni charme, quand on a la chance de connaître ses endroits presque secrets, on peut dire qu'il y a un peu de magie.
Ainsi, en perspective, au bout de la rue Saint Dominique, quand on voit surgir la Tour Eiffel entre les vieux immeubles, l'image est belle, bien que ne valant pas la mer ou une magnifique campagne !
Satie va très bien au Paris mélancolique.
Les découvertes, à Paris, peuvent être sans fin quand on se balade encore et encore dans chaque recoin ! :)
Bisous. Philip.

Parano le vendredi 08 décembre 2017, à 00:58
Vachement sympa ce poème ! Il se lit parfaitement bien. :-) Et avec comme décor de fond un Paris drôlement mélancolique mais attachant. Merci !

lilo le jeudi 14 décembre 2017, à 21:54
tout est intact..
la beauté et la magie des mots !
je suis heureuse de te lire..et reviendrait très vite !
pleins de bonheur et de douceur à toi ! bises

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet