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La condition humaine (André Malraux)

le mardi 28 novembre 2017, à 12:57. Posté par COLLECTIF (auteur : André Malraux)






    Ce n'est pas par obéissance qu'on se fait tuer. - Ni qu'on tue. Sauf les lâches.


    Connaître par l'intelligence, c'est la tentation vaine de se passer du temps.


    Croyez-vous que toute vie réellement religieuse ne soit pas une conversion de chaque jour?


    L'érotisme, c'est l'humiliation en soi ou chez l'autre, peut-être chez tous les deux.


    La musique seule peut parler de la mort.


    On ne connaît jamais un être, mais on cesse parfois de sentir qu'on l'ignore.


    On trouve toujours l'épouvante en soi, il suffit de chercher assez profond. Heureusement, on peut agir.


    Reconnaître la liberté d'un autre, c'est lui donner raison contre sa propre souffrance.


    Toute douleur qui n'aide personne est absurde.


    Ce que l'esprit voit le coeur le ressent.


    Il savait de quel poids pèse sur toute idée le sang versé pour elle.


    La liberté n'est pas un échange, c'est la liberté.


    Comme presque tous les hommes, il prendrait le plaisir qu'elle avait à le séduire pour celui d'un abandon.


    Mourir est passivité, mais se tuer est acte.


    Etrange sensation que l'angoisse: on sent au rythme de son coeur qu'on respire mal, comme si l'on respirait avec le coeur ...


    Ils lui étaient reconnaissants d'une bonté dont ils ne devinaient pas qu'elle prenait ses racines dans l'opium. On lui prêtait la patience des bouddhistes: c'était celle des intoxiqués.


    Mais s'il ne savait pas se fuir dans un autre être, il savait se délivrer: il y avait l'opium. Cinq boulettes. Depuis des années il s'en tenait là, non sans peine, non sans douleur parfois.


    Au repos, l'expression de Valérie était d'une tristesse tendre, et Ferral se souvenait que la première fois qu'il l'avait vue il avait dit qu'elle avait un visage brouillé, - le visage qui convenait à ce que ses yeux gris avaient de doux.


    Bien qu'il ne vit dans la nuit ni les buis ni les fusains, il devinait leur feuillage sombre par leur odeur amère.


    Le coeur viril des hommes est un refuge à morts qui vaut bien l'esprit.


    L'approche de la faillite apporte aux groupes financiers une conscience intense de la nation à laquelle ils appartiennent.


    La souffrance ne peut avoir de sens que quand elle ne mène pas à la mort, et elle y mène presque toujours.


    Il n'y a pas de dignité possible, pas de vie réelle pour un homme qui travaille douze heures par jour sans savoir pourquoi il travaille.


    La connaissance d'un être est un sentiment négatif: le sentiment positif, la réalité, c'est l'angoisse d'être toujours étranger à ce qu'on aime.


    Si tant de vieillesses sont vides, c'est que tant d'hommes l'étaient et le cachaient.


    Tout au fond, l'esprit ne pense l'homme que dans l'éternel, et la conscience de la vie ne peut être qu'angoisse.


    Il est beau de mourir de sa mort, d'une mort qui ressemble à sa vie. Et mourir est passivité, mais se tuer est acte.


    Restait la grâce, c'est-à- dire l'amour illimité ou la terreur, selon la force ou la faiblesse de l'espoir; et cette terreur était un nouveau péché. Restait aussi la charité, mais la charité ne suffit pas toujours à épuiser l'angoisse.


    Beaucoup moins de femmes se coucheraient, si elles pouvaient obtenir dans la position verticale les phrases d'admiration dont elles ont besoin et qui exigent le lit.


    On peut tromper la vie longtemps, mais elle finit toujours par faire de nous ce pour quoi nous sommes faits. Tout vieillard est un aveu, allez, et si tant de vieillesses sont vides, c'est que tant d'hommes l'étaient et le cachaient.


    La maladie chimérique, dont la volonté de puissance n'est que la justification intellectuelle, c'est la volonté de déité: tout homme rêve d'être dieu.


    Mon pauvre petit, chacun de nous ne connait que sa propre douleur.




    La Condition humaine (1933)
    Citations de André Malraux





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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
Lesmotsbleus le mardi 28 novembre 2017, à 15:43
Merci de nous rappeler à cette lecture, je connaissais quelques unes de ses citations. A méditer.

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