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Gaston Doumergue revisité (1863-1937)

le mardi 05 décembre 2017, à 15:46. Posté par Michel Ernest


    Pour décrire monsieur Doumergue
    Comme dirait Edmond Rostand
    "Il me manque une rime en ergue"
    C'est pourquoi je serai prudent

    Ce monsieur n'étant pas de Bergues
    Mes rimes vont tomber à sec
    Aussi je l'ai dit en exergue
    Cher lecteur on va faire avec

    Doumergue est un nom de famille
    De vignerons languedociens
    Et la mère Françoise est fille
    D'agriculteurs du même coin

    C'est qu'on ne roule pas sur l'or
    Chez ces paysans protestants
    "Mais le travail est un trésor"
    A dit La Fontaine en son temps

    Aussi, malgré l'époque rude
    Les parents du petit Gaston
    Peuvent financer ses études
    Grâce à d'excellentes moissons

    Gaston obtient une licence
    Et même un doctorat de droit
    Alors près de sa résidence
    Il s'inscrit au barreau nîmois

    On l'expatrie en Indochine
    Où il ne reste qu'un été
    Puis de retour à ses racines
    Il repart œuvrer à Alger

    On le retrouve à Aigues-Vives
    Chez ses parents où il figure
    Aux élections législatives
    Pour décrocher l'investiture

    Député radical de Nîmes
    À très exactement trente ans
    Il est présent le jour du crime
    Sur Sadi Carnot, président

    Ses convictions républicaines
    Lui font soutenir mordicus
    L'économie languedocienne
    Et prendre parti pour Dreyfus

    Emile Loubet lui confie
    Le maroquin des Colonies
    Puis Armand Fallières, celui
    Du Commerce et de l'Industrie

    Et quand se déclenche la guerre
    Sous Poincaré, son pré carré
    Est aux Affaires étrangères
    Trois années il va le rester

    À Poincaré, bientôt succède
    Un homme nommé Millerand
    C'est amusant, je le concède
    Qu'il soit à François ressemblant

    Mais ce Millerand Alexandre
    Démissionne au bout de quatre ans
    Aussi Gaston sans plus attendre
    Se fait élire président

    On est en mil neuf cent vingt-quatre
    Monsieur de Coubertin crie fort
    Que les Français aille se battre
    Mais pour des médailles en or

    Le président souvent voyage
    En Angleterre, en Algérie
    Son septennat est sans nuage
    C'est un vieux garçon sans souci

    Or vingt jours avant l'échéance
    Disons, plus précisément douze
    À l'Elysée, un beau dimanche
    Sa jeune maîtresse, il épouse

    Il se retire à Tournefeuille
    Quelque part en Occitanie
    Séchez donc cette larme à l'œil
    Son histoire n'est pas finie

    Gaston le toujours populaire
    Qui se pavanait au soleil
    Se voit rappelé aux affaires
    Comme président du Conseil

    Sa santé hélas se dégrade
    Il démissionne un huit novembre
    Et puis, de plus en plus malade
    Chez lui, il doit garder la chambre

    Il meurt à l'été trente-sept
    Là-bas, dans le sud de la France
    Et s'il n'est enterré à Sète
    Il passe sa mort en vacances

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