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Adolphe Thiers revisité (1797-1876)

le dimanche 10 décembre 2017, à 13:18. Posté par Michel Ernest


    Adolphe Thiers a un nom tel
    Que mes lecteurs sourient déjà
    De mes jeux de mots à la pelle
    Genre "Thiers-monde" ou "Thiers-Etat"

    Cependant quand c'est trop facile
    Je ne mange pas ce pain là
    Et sans ces calembours débiles
    De Thiers je vais faire un tabac

    Entre la mort de Robespierre
    Et la chute du Directoire
    Naît le petit Adolphe Thiers
    Au prénom imprégné d'Histoire

    Seul avec sa mère à Marseille
    [Car le père a plaqué le gosse]
    Il veut un jour faire merveille
    Et se révèle un fils précoce

    Pendant que Napoléon chute
    Il lève majeur et index
    Quand il obtient de haute lutte
    Son baccalauréat à Aix

    Alors que l'Empereur se meurt
    Tout doucement à Sainte-Hélène
    Adolphe est déjà chroniqueur
    Dans un journal en bord de Seine

    Louis XVIII et puis Charles X
    Ne trouvent pas grâce à ses yeux
    L'Empire et les rois de jadis
    Ce n'est plus du tout ça qu'il veut

    La République, par principe
    Il en a soupé pour de bon
    Alors pour le roi Louis-Philippe
    De sa plume il prend position

    En prime il reçoit de ce prince
    Un strapontin près de son trône
    Et on l'élit dans sa province
    Député des Bouches-du-Rhône

    Simple Secrétaire d'Etat
    Rapidement son trou, il perce
    Pour s'installer en quelques mois
    À l'Industrie et au Commerce

    Et comme il est habile en droit
    Et en lettres il est à l'aise
    Ses disciples l'envoient tout droit
    Servir l'Académie française

    À l'aube de ses quarante ans
    Se lève un éclatant soleil
    Car il siège au gouvernement
    Comme Président du Conseil

    Peu à peu le roi le déteste
    Lors, Thiers donne sa démission
    Et clairement tourne sa veste
    Pour passer dans l'opposition

    S'il a tourné sa veste hier
    C'est pour que demain lui rapporte
    Aussi dans cette attente Thiers
    Dans l'écriture se conforte

    Puis, quand Louis-Philippe s'exile
    Adolphe Thiers alors s'encarte
    Chez les partisans de l'habile
    Louis-Napoléon Bonaparte

    Ce dernier se moque de Thiers
    Il s'en moque comme du quart
    Aussi pour dix années entières
    Adolphe est jeté au placard

    Mais un placard pas trop austère
    Car il est situé à Paris
    Et dans cette ville-lumière
    Très vite le peuple l'élit

    La guerre de soixante-dix
    Chasse l'empereur inutile
    Qui, comme avant lui Charles X
    Et Louis-Philippe, a pris l'exil

    Chef du pouvoir exécutif
    Thiers négocie la paix prussienne
    Mais à un prix prohibitif
    Car il cède Alsace et Lorraine

    Au bout de deux ans de mandat
    Les monarchistes le renversent
    Alors pendant de très longs mois
    Adolphe, le désert traverse

    En mil huit cent soixante-seize
    Il a soixante-dix-neuf ans
    Il se fait réélire à l'aise
    Par les Parisiens courtisans

    Un an plus tard dame Camarde
    Voyant souffrir dans son lit, Thiers
    D'un coup de faux au myocarde
    L'envoie dormir au cimetière

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