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Patrice de Mac-Mahon revisité (1808-1893)

le mercredi 13 décembre 2017, à 07:17. Posté par Michel Ernest


    On me souffle dans l'oreillette
    Que l'homme que je vais décrire
    Est le président le plus bête
    Que les Français ont pu élire

    Alors je pars en reportage
    Sur mon historique avenue
    Revisiter le personnage
    À l'âme dit-on saugrenue

    Petit bébé, je le découvre
    Qui naît dans la banlieue d'Autun
    Et quand ses petits yeux, il ouvre
    C'est vrai qu'il n'a pas l'air malin

    Il entre au Petit séminaire
    Avant d'atteindre ses treize ans
    Non pas pour faire ses prières
    [Pour ça il faut choisir le Grand]

    Mais ça permet d'ouvrir des portes
    Surtout quand on est aux labours
    Et vers Paris, ça vous transporte
    Comme un TGV de nos jours

    Toujours est-il que le jeune homme
    Que l'on pensait hors de la norme
    [Mauvaises langues que nous sommes]
    À Saint-Cyr revêt l'uniforme

    Lorsque avec sa section il brille
    Lors de l'expédition d'Alger
    Il devient l'as de la famille
    Et même celui de l'armée

    Il gravit si vite les grades
    Qu'il est capitaine à trente ans
    Puis ses raids contre les nomades
    En font un jeune commandant

    Et quand il vainc Abd el-Kader
    Colonel est son nouveau grade
    Ainsi presque quadragénaire
    Il est général de brigade

    Jusque là notre Mac-Mahon
    Ne présente aucune carence
    Mais il se marie, attendons
    Parfois c'est là que tout commence

    En Crimée, il part aussitôt
    Où il se bat avec l'étoffe
    Avec l'étoffe des héros
    Au siège de Malakoff

    Napoléon III l'établit
    Comme sénateur de l'Empire
    Puis gouverneur de l'Algérie
    Enfin l'emmène en Italie

    Tous les deux gagnent la bataille
    De Magenta mais non sans mal
    Ce qui vaut à Mac sa médaille
    Et son bâton de maréchal

    Mais la médaille à son revers
    Et à Sedan dix ans après
    L'armée de Prusse et de Bavière
    Capture l'Empereur français

    Le Maréchal lui-même sombre
    Et sur les ordres du Kaiser
    Il est placé six mois à l'ombre
    Laissant la France sans son pair

    Paris affiche sa colère
    Et veut enflammer le pays
    Alors Mac-Mahon, on libère
    Pour réprimer les insoumis

    S'ensuit la démission de Thiers
    L'élection de notre héros
    Six années dépourvues de guerres
    Et un festival de bons mots

    Certains sont restés dans l'Histoire
    Tel son fameux "Que d'eau ! Que d'eau !"
    Après qu'ait débordé la Loire
    Ou la Garonne, ou leurs canaux

    Une autre fois dans une école
    D'où sort major un Africain
    Il lui dit : "C'est vous le créole ?
    Alors continuez, c'est très bien"

    Et puis un jour, las qu'il gouverne
    Le Sénat le laisse tomber
    Et comme une vieille baderne
    Le pauvre doit démissionner

    Mais à soixante-dix ans, j'ose
    Vous le dire, on n'est pas fini
    Chers amis, j'en sais quelque chose
    C'est l'âge auquel ces vers j'écris

    Or après dix ans de retraite
    Le vieil homme soudain se bouge
    Pour prendre prestement la tête
    De ce qui sera la Croix-Rouge

    S'il n'était pas une lumière
    Au moins il éclaire les jours
    Des invalides de la guerre
    À qui il vient porter secours

    Voilà j'ai fini mon enquête
    Car sans un mot, sans une plainte
    On me souffle dans l'oreillette
    Que la lumière s'est éteinte

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