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Jean Casimir-Perier revisité (1847-1907)

le mercredi 20 décembre 2017, à 19:46. Posté par Michel Ernest


    Ce président, dont je m'impose
    D'écrire la biographie
    D'énormes problèmes me pose
    Car je ne sais trop rien sur lui

    En plus d'une brève carrière
    Toujours assis entre deux chaises
    Cet homme fut impopulaire
    Et ça me met très mal à l'aise

    D'un ministre d'Adolphe Thiers
    Naît à Paris, dans le Premier
    Le petit bébé Jean Paul Pierre
    Alias Jean Casimir-Perier

    On est à la fin de l'automne
    De mil huit cent quarante-sept
    Louis-Philippe sent que son trône
    Est devenu une sellette

    Et quand survient la République
    Le petit Jean va à l'école
    Puis quitte l'instruction publique
    Quand l'Empereur prend son envol

    Licence en droit, licence en lettres
    Il les obtient tambour battant
    Mais l'avocat qu'il devait être
    S'efface pour un combattant

    L'année où l'empereur décède
    Jean épouse la belle Hélène
    Hélène, ni belle ni laide
    Lui, n'étant pas un phénomène

    Jean entre dans la vie publique
    Comme modeste secrétaire
    Auprès d'un homme politique
    Qui n'est autre que son vieux père

    Bientôt le voila député
    Même conseiller général
    Pour qualifier ce pistonné
    Fistonné serait idéal

    Il est Secrétaire d'Etat
    Dans le gouvernement Dufaure
    Et n'a pas bougé d'un iota
    Même après six ans d'efforts

    Et quand Jules Grévy s'en va
    Par Sadi Carnot, remplacé
    Jean virevolte un septennat
    Dans les couloirs de l'Assemblée

    Puis sur le perchoir il se pose
    Pour pouvoir poursuivre son somme
    Jusqu'au jour où Carnot morose
    Président du Conseil le nomme

    Au printemps suivant, c'est bien triste
    Sadi Carnot meurt sous la lame
    De Caserio, un anarchiste
    Ce qui change tout le programme

    Et tandis que l'on guillotine
    L'assassin en place de Grève
    Dans les bureaux et les usines
    D'un nouvel Alexandre on rêve

    Malheureusement pour la France
    Les concurrents sont ce qu'ils sont
    Il n'est guère de différences
    Entre Perrier, Dupuy, Brisson

    Et finalement Jean l'emporte
    Choisi par les grands électeurs
    Mais que le bon peuple ne porte
    Pas plus que ça au fond du cœur

    Son mandat commence à l'envers
    Car il a l'idée nonpareille
    De prendre un de ses adversaires
    Comme président du Conseil

    Alors il ne peut plus rien faire
    De se taire il est obligé
    Car Jean est très impopulaire
    Et n'a que ses yeux pour pleurer

    Après six longs mois de martyr
    Au bord de la crise il abdique
    Et des affaires se retire
    Ainsi que de la politique

    On ne sait rien de sa retraite
    Qu'il passe à Paris Notre-Dame
    À part qu'en quatre-vingt-dix-sept
    Emile Loubet le réclame

    En mil neuf cent-sept, il trépasse
    Dans sa soixantième année
    Et par peur de la populace
    Ses obsèques furent privées

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