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Jules Grévy revisité (1807-1891)

le samedi 23 décembre 2017, à 18:47. Posté par Michel Ernest


    Le président Jules Grévy
    Fut une moderne personne
    Qui, à l'automne de sa vie
    S'intéressa au téléphone

    Et quand il fut à l'Élysée
    Pour ses soixante-quatorze ans
    Une ligne il fit installer
    Pour épier son gouvernement

    À Vaudrey, dans le bas Jura
    Le quinze août de mil huit cent-sept
    Chez les Grévy ivres de joie
    Ce n'est pas Marie que l'on fête

    En ce voluptueux crépuscule
    Vient de naître le chérubin
    François Judith Paul, alias Jules
    Fils de deux chauds républicains

    Bientôt sur les bancs de l'école
    Primaire et puis élémentaire
    Ensuite au collège de Dole
    Le gamin se montre exemplaire

    Après trois ans à Poligny
    Il veut devenir avocat
    Alors vite il monte à Paris
    Décrocher sa licence en droit

    Sous la Monarchie de juillet
    C'est-à-dire sous Louis-Philippe
    Jules plaide lors de procès
    Politiques [mais par principe]

    Il doit attendre quarante-huit
    Pour que député du Jura
    Comme d'un devoir, il s'acquitte
    [Bien normal pour un avocat]

    C'est l'année de son mariage
    Et celle de ses quarante ans
    Lors à Paris, il emménage
    Et veut y rester pour longtemps

    Pourtant, quand en cinquante et un
    Louis Napoléon Bonaparte
    Prend le pouvoir, Jules soudain
    De la politique s'écarte

    Durant tout le second Empire
    Jules se consacre au barreau
    En laissant faire, laissant dire
    Laissant hurler Victor Hugo

    La guerre de soixante-dix
    La chute de Napoléon
    Remettent l'avocat en lice
    Pour de nouvelles élections

    Elu brillamment au perchoir
    Il devient orateur célèbre
    Grâce à Thiers, mort la veille au soir
    Dont il fait l'éloge funèbre

    Quand le président Mac-Mahon
    Honnis du peuple démissionne
    Grévy saute sur l'occasion
    Et d'un tour emporte la donne

    Président de la République
    Il s'entoure de jeunes loups
    Vieux renards de la politique
    Ou bien vautours selon les goûts

    Mais ce choix s'avère sinistre
    Car il n'a jamais le dessus
    À chaque conseil des ministres
    Il en ressort toujours déçu

    Bon an, mal an, Jules se vante
    D'avoir bouclé sa mandature
    Et lors de l'élection suivante
    Il gagne son investiture

    Mais deux ans après, tout bascule
    On accuse pour son malheur
    Le propre gendre du vieux Jules
    De trafic de Légions d'honneur

    À quatre-vingt ans, le pépère
    Honteux donne sa démission
    Et se retire sur ses terres
    Parementer d'autres moutons

    Encore deux années il vit
    Songeant que s'il n'y eu Carnot
    On eu après Jules Grévy
    Un Jules Ferry au Château

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