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Albert Lebrun revisité (1871-1950)

le vendredi 29 décembre 2017, à 10:28. Posté par Michel Ernest


    Le président Albert Lebrun
    Moustache noire et taille mince
    Est comme un héros de Tintin
    Un ersatz de Georges Brassens

    Lorsqu'on écoute ses discours
    Sa voix rappelle Donald Duck
    Et son costume un peu trop court
    Le croque-mort de Lucky Luke

    Il naît dans la Meurthe-et-Moselle
    À Mercy-le-Haut [ou le-Bas]
    Son père, Ernest Lebrun s'appelle
    Et il est maire de l'endroit

    Très doué pour lire et pour écrire
    Sur l'avis du maître d'école
    On l'envoie à Nancy s'instruire
    Et se coiffer d'une auréole

    Le premier en mathématiques
    Brillant en d'autres disciplines
    Albert sort de Polytechnique
    Et entre à l'école des Mines

    Il n'a pas atteint la trentaine
    Qu'il s'établit comme ingénieur
    En Bourgogne, puis en Lorraine
    En y attendant l'âme sœur

    Il la rencontre sur Paris
    Aux alentours de mil neuf cent
    Et rapidement se marie
    Sa fiancée s'arrondissant

    Parallèlement il se lance
    Dans la carrière politique
    Et devient un des fers de lance
    De la gauche démocratique

    Elu président du Conseil
    Général de Meurthe-et-Moselle
    Pour prendre une place au soleil
    Au gouvernement on l'appelle

    De ministre des Colonies
    Sous la présidence Fallières
    Au bout de deux ans, il finit
    Ministre d'état à la Guerre

    Mais quand est élu Poincaré
    Eclate la guerre mondiale
    Alors Albert est relégué
    De nouveau à la Coloniale

    Il n'est plus au gouvernement
    Quand le centriste Deschanel
    Puis l'incolore Millerand
    Président le pays sans zèle

    Mais Albert n'est pas sans emploi
    Il est sénateur, puis très vite
    Vice-président du Sénat
    Avant d'en avoir la conduite

    C'est en mil neuf cent trente-deux
    Qu'il succède au pauvre Doumer
    Assassiné d'un coup de feu
    Que venge le bourreau Deibler

    Pendant sept ans Albert gouverne
    Sans prétention, sans illusions
    Une présidence bien terne
    Durant le Populaire Front

    Or, bientôt les échos de guerre
    Bruits de bottes et de canons
    Les discours venimeux d'Hitler
    Expédient sa réélection

    Au lendemain de la défaite
    Pétain entre au gouvernement
    Mais tout de suite Albert regrette
    Car le vieux est pro-Allemand

    Destitué par le Maréchal
    Albert se retire en Isère
    Tandis que l'autre avec Laval
    Repeignent la France en gris-vert

    Surveillé par les Italiens
    Enlevé par la Gestapo
    Poussé par les Américains
    Pour faire la nique à Charlot

    Albert, à la Libération
    N'ayant pas fini son mandat
    Veut récupérer ses fonctions
    Mais De Gaulle ne le veut pas

    En mil neuf cent cinquante, il meurt
    Malheureusement à Paris
    Mais heureux au fond de son cœur
    Son septennat étant fini

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