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François Mitterrand revisité (1916-1996)

le lundi 08 janvier 2018, à 17:53. Posté par Michel Ernest


    Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas
    Ce vieux coquin de président
    Vingt-cinq ans après son trépas
    Guère il ne laisse indifférent

    Quel était son juste équilibre ?
    La fin de la peine de mort ?
    La Francisque ? Les radios-libres ?
    L'affaire du Rainbow-Warrior ?

    François naît en mil neuf cent seize
    À Jarnac, dans l'ouest de la France
    Que n'est-il donc né à Gelaise
    C'eût été dans ses compétences

    Vers ses dix ans, à Angoulême
    Le gamin est mis en pension
    Là, s'il n'y tire pas sa flemme
    Il n'est pas non plus un champion

    S'il est un domaine où il brille
    C'est l'art de faire des discours
    Il sait baratiner les filles
    Et se constituer une cour

    À dix-huit ans, le bac en poche
    François étudie à Paris
    Jusqu'à ce que Françouz et Boches
    L'appellent au bout du pays

    N'ayant pas fait une E.O.R.
    Il est sergent dans la "Colo"
    Et passe la "drôle de guerre"
    Près de la ligne Maginot

    Malheureusement bien trop vite
    Le sergent est fait prisonnier
    Et pendant deux ans il médite
    Dans un camp en pays frisé

    Mais bientôt il se fait la belle
    Et bien caché à Solutré
    Rencontrant la belle Danielle
    Il se promet de la grimper…

    … Quand la guerre sera finie
    Chaque année à la Pentecôte
    Or en attendant à Vichy
    Du Maréchal il devient l'hôte

    Il y reste trois-cent-vingt jours
    Et pressentant venir un risque
    Vers la Résistance il accourt
    Poursuivi par une francisque

    Lorsque se termine la guerre
    La tête bien sur les épaules
    Il déambule l'âme fière
    Auprès du général De Gaulle

    Fin mil neuf cent quarante-quatre
    Amoureux de Danielle Gouze
    Le François renonce à combattre
    Et au Quartier latin l'épouse

    De mil neuf cent quarante-six
    À mil neuf cent cinquante-sept
    Il est ministre à la Justice
    À l'Intérieur et sans casquette

    Et puis un jour c'est la disgrâce
    La droite revient aux affaires
    Lors, des tablettes on l'efface
    C'est la traversée du désert

    Château-Chinon en fait son maire
    Et la Nièvre son conseiller
    Mais seul le Prime-ministère
    Ou la Présidence l'agréent

    Candidat de la gauche unie
    À l'élection présidentielle
    Il perd de nouveau son pari
    Et retourne à ses Morvandelles

    Passe mil neuf cent soixante-huit
    Pompidou et Giscard d'Estaing
    Quand ce dernier, l'Elysée, quitte
    Tonton est face à son destin

    Président de la république
    À soixante-cinq ans passés
    Ses débuts sont catastrophiques
    Car Mauroy a tout dépensé

    Aussi bientôt il cohabite
    Avec Chirac durant deux ans
    Et puis en mai quatre-vingt-huit
    Il est réélu Président

    Mais les temps sont bien difficiles
    Durant ce second septennat
    Les Premiers ministres défilent
    Rocard, Cresson, Bérégovoy

    Aux élections législatives
    Les Socialistes prennent l'eau
    De fait la Droite encore arrive
    Avec Balladur au tableau

    Ses derniers mois de présidence
    Sont un véritable calvaire
    Car tout en gardant le silence
    Il se bat contre le cancer

    Tandis qu'au lit il agonise
    Chirac est élu Président
    Quelque part ça le tranquillise
    Jospin eût été un tourment

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