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Comme je passais devant le presbytère, je pensais aux enfants de chœur enfilant leurs aubes dans l’arrière salle du curé.
Le monde tournait à l’envers…
Jusqu’à ce que j’aperçoive, posée sur la margelle de la fontaine du patelin, une demoiselle venue se rafraîchir, un sac à dos posé à sa droite et un bâton noueux à sa gauche.
Je n’ai jamais été très doué avec les filles et sa beauté et son sourire me rappelèrent, un instant, que plusieurs de mes ancêtres devaient être originaires de ce village dont parle Balzac dans " Le médecin de campagne", ce village des Alpes où les gens manquaient d'iode, le village de Crétin!
Elle me demanda sa route et je m’appliquais à faire court et simple, en insistant, lourdement, sur le point qui me semblait le plus important :
« Surtout , au bout de la rue, au premier tourne-à-gauche,à droite! C'est pas compliqué de s'en souvenir! À droite au tourne-à-gauche ! Gauche, droite !
_ J’ai bien compris,à droite au tourne-à-gauche ! Je ne risque pas de me tromper grâce à cette astuce» me dit-elle.
Après avoir ramassé ses affaires et m’avoir remercié de toutes ses dents, arrivée au bout de la rue, au fameux rond-point…elle partit dans la direction opposée!
C’était une imbécile, me direz-vous.
Non, ne croyez pas ça!
Voyez-vous, ce n’est pas tant "l’étoile" qui compte mais les chemins qui nous y mènent.
Un peu comme le cancre qui fait le renard, qui ne saura jamais rien des cosinus mais qui sait déjà tout des tangentes.
Les mains dans les poches, je m’en allais, seul, au hasard, parlant à cette princesse entrevue dans le désert, la nommant Camilla, croisant les sillons de Fante…
https://www.youtube.com/watch?v=r75udiRYGEE
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