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la voile d'or (fable)

le vendredi 02 février 2018, à 10:45. Posté par stupide



Cette étrange sensation qui parfois l’illumine
Elle se lève au matin et se rendors bientôt
Si tôt trouvée la clameur qui l’anime
A trop chercher son pommier à dessin…


Retrouver le sage attablé à la lyre
Son leurre ou l’or, à l’heure alors
Qui l’envisage joyeux-joyau du saphir
Sur la page à genou que l’ingénu dore


Aux milles couleurs bien ordonnées
Que l’éden endure en doute
A toutes les gouttes de pluie sucrées
Et au secret qui lie nos routes


Les souvenirs souvent désirs
Susurrent les rires en gant de miel
Comme un volant qui sait écrire
L’amour en fleur au creux du ciel


Elle se restaure levant la tête
La fête en cœur chantait ses dieux
D’une mélodie qui ne s’arrête
Pas même quand elle levait les yeux


Lorsque l’abîme sécha ses lèvres
Sur le mouchoir du temps perdu
Elle vit tortue passer le lièvre
Sous les chapeaux de sa vertu


Elle put saisir la main tendue
De celle-ci qui s’était volée
Sur le fil de l’inattendu
Deux paires d’ailes lui ont poussé


Pas encore belles ou scintillantes
Ni rutilantes, pas seulement frêle
Tout juste bonne étoile filante
Qui la bénit et l’ensorcelle


Toute tremblante sous son poids
Le temps vacille aux alentours
Battement de cil dessus les toits
La plus belle toile de l’abat-jour


Relève la tête lui dit l’aurore
L’amour n’a pas toute mon odeur
« Serein l’ailleurs qui t’honore
Garde-en-toi ton ardeur


Revois la vie aux yeux de verre
Versifie-les au gré du vent
Tu n’es pas le centre de la terre
Tu vois la vie comme un enfant »


Et elle posa main sur sa bouche
« Pour la beauté de mes baisers
Tu devras aiguiser ta mouche »
Se retourna et prit ses pieds


S’enfuit dans un bruissement d’air
La peur qu’hier la maintenait
Décolla l’or de ses lumières
Et s’étonna de s’envoler,


La vue du vide était magique
Comme la blancheur de la rosée,
Nuages emplis d’ondes électriques
N’essayaient pas de s’imposer.


L’orage rinçait ses états d’âme
L’amour dormant dansait en rond
Comme un éclair que l’on réclame
Autour d’un verre de macaron


Puis le soleil de son rayon
Raisonna son sourire aride
Car le réveil de son bâton
N’aura jamais pris une ride


Plaidant l’odeur de son plumage
Elle dévala tous les vallons
Plongea dans l’eau des marécages
Qui l’attendait dans son sillon


Elle fut bercée par les doux flots
Flattant au loin les impressions
Comme un Monet sur son tableau
Qui ne monnaie pas l’expression


Soudain le fond se rapprochait
Elle vit de beaux poissons zébra
Ses ailes se faisaient grignoter
Elle dut vite retrouver ses bras


Elle nageait comme une sirène
Sereine à l’orée de l’eau claire
Quand elle croisa une baleine
Et que la mer tourna au vert


Mais dans la valse du tourbillon
Elle se vit devant l’immortel
Pantin et joyeux trublion
Fait dans le bois du violoncelle


Il fallait voir cette musique
Si pure qu’elle se mit à danser
Et dans un dernier tour magique
Elle le heurta et pris son nez


Elle fut désolée de l’affront
Le front sur sa joue éplorée
« Je sais bien que tu tiendra bon »
Lui dit avant de l’embrasser


Elle put sentir le gros poisson
Qui passait tout juste par là
À la lueur de sa toison
Perdit sa queue et l’agrippa


Surpris de ce déboulement
Il frétilla un peu pantois
Et comme un vrai dédoublement
Piqua en l’air frôlant les lois


Ils furent projetés dans le vide
Et le poisson la regardait
Il lui dit « ne sois pas livide »
Ce sont ses bras qui repoussaient !


Ils purent atterrir dans le sable
Tous les deux saufs et sains
Mais comme dans toute fable
On ne choisit pas son dessein :


Le poisson lui dit calmement
« La chaleur est si suffocante
N’as-tu pas soif soudainement ? »
Comme des paroles que l’on incante


Elle savait que c’était la faim
Prise d’un courage sans égal
Elle l’avala jusqu'à la fin
En attendant son pied d’estal


C’est vrai qu’elle aurait pu ramper
Pour le ramener à la mer
Mais pour s’y être déjà trempé
Ne peut revenir en arrière.


Alors elle toise au loin les bois
Avec un air peu circonspect
Si loin ce qui l’amène au choix
Son poisson demanda respect


« Remet-moi donc dans mon bocal
Quand tu l’aura un jour trouvé »
Elle fut saisit d’un flot bancal
Et la conscience rendit ses pieds


Elle vit la barque qui l’attendait
Mais pas dans son meilleur état
Telles des ailes un peu brulées
Ce qui ne la gênerait pas


Elle repeignait le vieux rafiot
Le ruisseau buvait son émoi
Lorsque l’ouvrage fut mis à flot
Une belle pieuvre rendit sa voie :


« Garde tes yeux vers le midi
De tous tes membres ressuscités
Et puis un ventre un peu rempli
Qui la mer nous aide affronter »


Elle posa l’oreille sur la proue
Comme on entend un rire éclore
« Je suis à l’heure du rendez-vous »
Et dessina une voile d’or…



Si ce périple a une morale
C’est qu’à chercher plus haut les dieux
C’est la profondeur sidérale
Qui nous ramènera au milieu


Et qui dit grande métamorphose
Ne va jamais sans son fardeau
Le superflu que l’on appose
Comme un ruban sur un cadeau


Joyeux enfants
Partis trop vite
Devenus grands
Après la fuite


Hissez les voiles sur les berceaux
N’attendez pas meilleur présage
Rêvez encore de vents nouveaux
De poissons, d’or et bon voyage !



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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
quercylibre le mercredi 28 février 2018, à 22:11
hissez les voiles et votre stylo
venez vers moi et mon égo
m' en faites pas que du mélo
racontez moi histoire d'o
vos poésie sont charmantes et je suppose que vous l'êtes aussi, déjà dans l'écriture malicieuse qui est la votre on rencontre cet élément qui aiguise la curiosité, la curiosité de vous lire jusqu'au bout,
merci de nous offrir ce joyau de vous même vos poésies! Merci!

stupide le vendredi 02 mars 2018, à 09:52
merci pour ces compliments et le poème qui va avec, c'est un grand plaisir d'être encouragée de la sorte. Bonne journée

worrell02 le lundi 21 mai 2018, à 22:31
WOW ! Arrivée à la fin du périple essoufflé mais agréablement ébahie ! ☺

stupide le mardi 22 mai 2018, à 17:52
Merci beaucoup !

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