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Amertume
Il ne reviendra pas le temps des barricades,
Ce joli mois de mai où tout nous fut permis,
Ni cette folle nuit où la ville endormie
S’éveilla, effarée, au bruit sec des grenades.
« Les lauriers sont coupés », tu le sais, camarade,
Et rien n’est advenu de ce qui fut promis.
Nous étions tous heureux, nous étions tous amis,
Et je souris encor de nos gaies cavalcades.
Lorsque j’entends sonner la cloche de Sorbonne,
Assise à l’Escholier, au début de l’automne,
Il me revient parfois un souvenir de mai.
Mais aujourd’hui, hélas ! je m’y sens étrangère.
Rien ne renaît en moi dans ces rues où naguère
Tu écrivis « Demain ». Et je pense « Jamais ».
Le Rire en pleurs
Callinira
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