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Haute mer,
toit mobile, calme plat,
beau miroir qui balance entre deux profondeurs.
Ton désir chevauche les vagues
et cherche à transpercer le mystère
du voyage horizontal.
L'aventure a commencé
bien avant le premier mot,
dès l'emballement du coeur,
l'iode forçant la narine
et la tremblante émotion.
Poète, prends la mer de ta fécondité
et monte à l'abordage
du lourd vaisseau de ta peine.
Le poème est un voyage à la rencontre de soi-même.
La feuille est l'océan et le stylo le mat de l'âme qui galère.
Deviens l'explorateur
des secrets qui te pèsent,
souvenirs enfouis,
et quadrille tes pages
de fils révélateurs.
Chacun des tourments qui t'assaillent
est une clef de ta mémoire.
L'inconscient est l'abîme
qui tempête en ton crâne.
Peut-être atteindras-tu,
à l'aplomb d'une image,
au drapé d'une phrase,
au vécu d'une page,
le reflet du soleil
qui meurt sur l'océan.
Seul le zénith des mots t'éclairera de joie.
Mais les mots sont fuyants,
tel ce reflet qui passe.
Il te reste la mer,
clepsydre inégalable,
ciborium vivant,
étumique* encrier.
Verses-y une larme et crois-en l'alchimie.
Ouvre l'âme et tais-toi.
Le cristal va tinter,
vertige d'absolu.
Créateur, dis le monde !
* Néologisme fait du grec ancien etumos : vrai, véridique
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