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Monsieur de La Palice revisité (1470-1525)

le lundi 05 mars 2018, à 07:54. Posté par Michel Ernest


    J'aurais pu conter cette histoire
    Sous forme de lapalissades
    Et entraîner mon auditoire
    Dans une franche rigolade

    J'aurai pu, mais à ma surprise
    Ma muse a gardé le boudoir
    Aussi, je dis avec franchise
    "La lapalissade est un art"

    Mil quatre cent soixante-dix
    C'est l'année où vient à la vie
    Ce cher monsieur de La Palice
    Que le monde entier nous envie

    Son nom d'ailleurs, c'est de Chabannes
    La Palice est le nom d'un bourg
    Son aïeul connut Sainte-Jeanne
    Et eut ses entrées à la cour

    Geoffroy, son père est maréchal
    De France, et non pas forgeron
    Mais pour l'enfant, c'est bien égal
    Son arme c'est le biberon

    Élevé avec le Dauphin
    À dix-huit ans il fait campagne
    Dans son armée, jusqu'aux confins
    De la turbulente Bretagne

    Après trois ans de "Guerre folle"
    Puis trois autres dans l'inaction
    La Palice déjà convole
    Avec Jeanne de Montberon

    Puis avec son ami d'enfance
    Charles VIII, il franchit les Alpes
    Car dans sa royale ascendance
    Il compte une reine de Naples

    Le pauvre roi Charles décède
    Trois ans après cette épopée
    Aussi, à Louis qui lui succède
    La Palice offre son épée

    Tous deux repartent en fanfare
    Vers l'attirante péninsule
    Le pape feint de ne rien voir
    Occupé à coincer la bulle

    La Palisse prend tant de places
    Par la force, ou bien par la ruse
    Que Louis XII, pour cette audace
    Le fait vice-roi des Abruzzes

    Pendant dix ans Jacques guerroie
    En Italie, avec courage
    Connaissant honneur et effroi
    Blessures, prison et veuvage

    En septembre mil cinq cent treize
    C'est la fin du rêve italien
    Il rentre avec l'armée française
    Se ressourcer parmi les siens

    Quand décède le roi Louis XII
    Avec le roi François Ier
    Juste le temps de prendre épouse
    Il repart au sud ferrailler

    Comme son père, en récompense
    De sa foi et son dévouement
    Il est fait maréchal de France
    Sur le site de Marignan

    À l'hiver mil cinq cent vingt-quatre
    Les Français siègent à Pavie
    Mais ne commencent à se battre
    Qu'à la fin février qui suit

    Mais, ces trois mois font les affaires
    Des adversaires qui surgissent
    Prenant les Français à revers
    Ils tuent le pauvre La Palice

    À cette époque, un chansonnier
    Sur le Maréchal écrivit
    Que s'il n'eût été trucidé
    Il leur "ferait" encore "envie"

    Avec le temps les mots s'envolent
    Ou bien avec plaisanterie
    En changeant ces quelques paroles
    Lors, il "serait" encore "en vie"

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
La Mouche Nounouche le lundi 05 mars 2018, à 09:38
Merci de ce poème surprenant, historique et instructif tant il est vrai que La Palice reste méconnu. Il méritait bien une page à sa gloire et cette histoire fut bien écrite. Bravo, on en redemande. Yves

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