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Depuis longtemps déjà, j’espérais que s’opère
L’instant où tu serais, pour la première fois,
Près de moi bien réelle et plus une chimère,
Mais un être tangible, un visage, une voix.
Quand je te vis paraître au milieu de la foule
Inerte des vivants, rien alors ne comptait,
Ni les gens, ni le bruit, ni le temps qui s’écoule,
Non, rien n’importait plus et toi seule existait.
Je me suis approché, rassemblant mon courage,
Et toi, tout simplement, ô toi, tu m’as souri ;
Alors a commencé ce merveilleux voyage
Qui me fait m’envoler au bras d’une houri.
Je me perds dans tes yeux et mon esprit s’évade,
Ta voix est comme un chant oriental, je suis
Sous le charme envoûtant d’une Shéhérazade
Habile à me conter les Mille et une nuits.
Tantôt Sémiramis, reine de Babylone,
Tu livres les secrets des jardins suspendus,
Sans aucun narcotique - opium, belladone -
Tu m’ouvres le chemin des paradis perdus.
De mes jours, si tu veux accepter le partage,
Tu seras ma Balqis, je serai Salomon,
Je te respecterai mais sans être trop sage
Et ce serment d’amour deviendra mon sermon.
Pierre
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