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Emile Loubet revisité (1838-1929)

le mercredi 07 mars 2018, à 08:53. Posté par Michel Ernest


    Quand j'eus achevé fort à l'aise
    La vie de tous les présidents
    De la République française
    J'eus un vague pressentiment

    Il en manquait un à l'appel
    Un certain Émile Loubet
    Dois-je penser qu'il fût rebelle
    À mon esprit primesautier ?

    Émile est le fils d'Augustin
    Un agriculteur de la Drôme
    [Il va être long le chemin
    Que devra parcourir le môme]

    Après des études primaires
    Il passe son bac à Paris
    Docteur en droit, c'est sur ses terres
    Qu'au barreau Émile s'inscrit

    Dans sa destinée, il rencontre
    Un certain Léon Gambetta
    Qui, en politique fait montre
    D'une fibre d'homme d'état

    L'autre rendez-vous de sa vie
    Se fait avec Louise Picard
    Une Drômoise comme lui
    Qu'il épouse à Montélimar

    Politicien frais émoulu
    Il choisit sa ville natale
    Où il est largement élu
    Comme conseiller général

    L'année suivante, jour pour jour
    À Montélimar, la grand-ville
    Il se présente, et en un tour
    Il devient le premier édile

    Député, bientôt sénateur
    Ministre des Travaux publics
    Puis ministre de l'Intérieur
    Émile a des goûts éclectiques

    Enfin, le jour du sacre arrive
    Il est Président du conseil
    Mais, dans les semaines qui suivent
    Un scandale mondial le balaye

    En attendant des jours meilleurs
    Il prend quelques mois de vacances
    Chez ses collègues sénateurs
    Dont il s'octroie la présidence

    Quand Félix Faure décède
    D'une bien curieuse infortune
    Émile au poste lui succède
    [Les Français n'ont pas de rancune]

    Quelques abrutis néanmoins
    Souvent grossièrement l'accueillent
    Jusqu'à coincer un assassin
    Sur le champ de courses d'Auteuil

    Pour obtenir le consensus
    Entre les antis et les pros
    Le président gracie Dreyfus
    Et embauche Waldeck-Rousseau

    Pendant sept ans il se disperse
    Il baguenaude un peu partout
    On le voit chez le shah de Perse
    Où avec le tsar à Moscou

    Quand son septennat se termine
    Il ne se représente pas
    Et en ses terres lavandines
    Tranquille, il attend son trépas

    Sa retraite dure trente ans
    Ce qui est un exploit certain
    Mais il est battu cependant
    Par Valéry Giscard-d'Estaing

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