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Obsessions.
…..L’Inapaisé, la Peur et l’Amertume couvent en nous sans cesse leur Braise froide sous la Cendre des Jours, la Haine, l’Abject et l’Epouvante de l’Inerte, la Mort qui œuvre en Nous cette Sculpture inverse de la Chair, sans cesse sous la Cendre des Jours, Sentinelles de Mort inapaisées, couvertes de la Cendre des Jours et de Poussière, amers Guetteurs, nous fixons le grand Rien de Regards apeurés, les Yeux écarquillés du Vide de l’Attente, d’oublieuse Mémoire, sans cesse couvent en Nous l’Inapaisé, la Peur et l’Amertume pour ce qui est perdu et ce qui vient sans cesse, l’Inapaisé, la Peur et l’Amertume, du plus Profond et de l’Obscur, de la Mémoire et de l’Attente, la Haine, l’Abject et l’Epouvante de l’Inerte et la Mort creuse en Nous son abjecte Sculpture, son Oeuvre inverse, son Silence livide. Sentinelles de Mort, ivres et grouillantes, inapaisées, nous marchons aux Lisières, à toutes Limites de Nous-mêmes et nous ne savons pas l’Au-Delà des Lisières ni l’Etendue de nos Limites, les Yeux écarquillés du Vide de l’Attente, Nous sommes tout à la fois Oedipe au pied boiteux, aveuglé par lui-même, Orphée vainement descendu aux Enfers, morte deux Fois son Eurydice, Prométhée enchaîné sur le Roc de Douleur, Narcisse ébloui à la Mort par sa propre Beauté, Dom Juan dans sa Course insensée à l’Extase et Bardamu, l’Imprécateur, maudissant les Injures du Sort, les Offenses des Autres. De la Braise froide sous la Cendre des Jours, du plus Profond et de l’Obscur, montent et crient une Demande d’Amour infinie, pathétique, une infinie Solitude…..
Sans cesse, nous cherchons désespérément à comprendre qui sont les Autres et leurs Offenses, à sonder sans cesse leurs Intentions profondes, les Voies qui sont les leurs et nous nous méprenons sans cesse et désespérément sur ce que sont les Autres et les Raisons de leurs Offenses et nous nous méprenons sans cesse sur leurs Intentions profondes et désespérément sur les Voies étranges qui sont les leurs et sans cesse, nous piétinons à la Surface des Autres et de Nous-mêmes, dévisageant désespérément la profonde Enigme d’Autrui et de Nous-mêmes qui n’est peut-être qu’une mince Surface flottant sur des Abîmes d’Inconnu impossibles à sonder, Surface et Profondeur désespérément hors Raison, hors Saisie et nous n’en saisissons que des Lambeaux et des Eclats sans Suite ni Raison, Jour après Jour, notre Existence se dessèche et s’enlise toujours plus loin d’Autrui et de Nous-mêmes dans l’Illusion de voir et d’approcher les Intentions profondes, la Raison des Offenses et le Sens-même des Existences…..Alors, nous demeurons, Jour après Jour, dans l’Inapaisé, la Peur et l’Amertume, nous demeurons dans l’Incompréhension du Monde, des Autres et de Nous-mêmes et nous restons pour Tout, dans le plus grand Doute, la plus profonde Incompréhension, la plus grande Méprise, une Demande d’Amour infinie dans une infinie Solitude…..
Et nous épuisons continuellement le peu de Forces qui nous est imparti, le peu de Jours de notre brève Vie, à creuser le Puits dans la Rocaille continuellement d’où jailliraient, croit-on, définitivement le Sens et la Compréhension, croit-on, du Sens du Monde, d’Autrui et de Nous-mêmes, nous épuisons le peu de Forces, le peu de Jours à clarifier le Fleuve épars aux Lacis de Méandres, les Ruisseaux de notre brève Vie, le peu de Forces continuellement défaillantes, à clarifier le Cours épars du Monde et les Signes en tous Sens d’Autrui et notre propre Bégaiement, nos Archives intérieures calcinées, disparates, le Lacunaire en nous, l’inamical Vieillir et à nous projeter continuellement vers l’Opacité du Futur…..Science, Pensée, Poésie et Mystique nous apportent, croit-on, quelques Lumières blafardes, consolatrices d’un instant sur l’Homme labyrinthique que nous sommes et le Buisson des Origines, quelques Lueurs blêmes sur la Provenance des Espèces, la Cruauté répétitive de l’Histoire et le continuel Vieillir et désespérément la Quête du Bonheur dans le continuel Inapaisé, la Peur et l’Amertume…..
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