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 Victoria naît d'Édouard Auguste
Et de sa femme Victoria
L'année où mon ancêtre Just
[C'est son prénom] se maria
Son oncle, fils de Georges III
Est l'héritier de la couronne
Ses cousins bientôt seront rois
Et puis un jour leur épigones
Mais tous ces princes et princesses
Meurent avant ses dix-neuf ans
Si bien que le trône qu'ils laissent
Échoit à la mère et l'enfant
Avec l'appui de ses ministres
Et le premier d'entre eux, Melbourne
Dans le pays qu'ils administrent
C'est une page qui se tourne
Pour Albert de Saxe-Cobourg
La jeune reine Anglaise en pince
Elle déclare son amour
Et se marie avec le prince
Une fille naît l'an suivant
Qui s'appelle aussi Victoria
Puis le garçon lui succédant
Édouard sera le futur roi
En mil huit cent quarante-deux
Victoria, en se promenant
Croise un vagabond dangereux
Qui la fusille à bout portant
Mais grâce à Dieu, l'arme s'enraye
Et le meurtrier déguerpit
Le lendemain, tel que la veille
Victoria refait le circuit
Retrouve l'homme qui s'élance
Mais la sécurité l'agrippe
Et prestement pour la potence
On expédie ce sombre type
En mil huit cent quarante-sept
L'Irlande connaît la famine
Lors, Victoria, de sa cassette
Verse 100 000 livres sterlines
Peu à peu, elle s'émancipe
Et devient même francophile
Accueillant le roi Louis-Philippe
À Londres, lors de son exil
Quand la mère de Victoria
Décède en mars soixante et un
La reine est dans tous ses états
Et à Albert passe la main
Sans doute qu'Albert n'avait pas
Une constitution solide
Car en fin de cette année-là
Il succombe à la typhoïde
Victoria est inconsolable
Elle se vêt de noir, dès lors
Et pour ne pas croiser le diable
Elle se calfeutre à Windsor
Mais bientôt la reine à son tour
Très gravement malade, tombe
On croit venu son dernier jour
Et déjà on creuse sa tombe
Or, la faucheuse ne l'emporte
Car Victoria se rétablit
Alors la mort frappe à la porte
D'Édouard son fils qui gît au lit
Mais la médecine ou la chance
Peut-être les deux à la fois
Stoppe cette macabre danse
Et chacun retrouve sa foi
Rassurés la mère et le fils
Retrouvent chacun leur mandat
Victoria est impératrice
Des Indes et du Canada
Le temps passe et à soixante ans
La reine est arrière-grand-mère
Mais aussi parallèlement
Elle perd quelques êtres chers
Au bout de cinquante ans de règne
Cinquante années de dur labeur
Dans un banquet, elle se saigne
Pour convier cinquante seigneurs
Pour ses soixante-dix-sept ans
Elle dépasse le record
Que George III son père-grand
Avait détenu jusqu'alors
Dans la foulée, elle célèbre
Son jubilé, dit "de diamant"
S'ensuit une année bien funèbre
Quand meurt un fils, en mil neuf cent
Au début de mil neuf cent un
L'Angleterre pleure sa reine
Son fiston lui succède enfin
Il va avoir la soixantaine
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