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A toi Germaine, à nos enfants
Betton 1985
Tout est silencieux. Tout est immaculé.
Seule une rose rouge au voile de mariée
Ainsi qu'un coeur d'enfant rêveur, émerveillé,
Vibre et semble sourire à la vie éveillée.
Un prince, incognito, serait-il arrivé
Bien avant le printemps ? La rose couronnée
Mérite cet honneur tant elle est en beauté.
Lors je cherche la main par elle ensanglantée.
Hélas ! nulle princesse et nulle dulcinée.
Le sublime décor paraît abandonné.
La rose tout à coup en est désenchantée.
Je suis seul au jardin à rêver du passé.
S'il se pouvait pourtant que survive une fée ?...
L'amour de Blanche-Neige à nos enfants conté,
Plus que goutte de sang sur la neige tombée,
C'est du pur merveilleux ayant droit de cité.
Le jardin ce matin s'éveille, immaculé.
L'ultime rose rouge en est toute givrée
Et, je le sais, l'hiver l'a déjà condamnée.
Mais moi je suis le prince : ici je suis aimé.
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