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Enfants des Orages d'Univers.

le vendredi 23 mars 2018, à 04:16. Posté par Avenance


    Enfants des Orages d’Univers.


    …..Enfants des Orages d’Univers, Enfants de l’Abandon et du Mystère des Désoccultations, Fils et Filles de la Terre et du Hasard des Origines, Progéniture de la Matière en Mouvement et devenue vivante, Enfants des premiers Êtres et des Milliards d’Années, Fils et Filles de la Chair sauvage et désirante, des Chimies primitives, océaniques et solaires et des Zoologies labyrinthiques aveuglément s’efforçant vers des Formes et des Forces, Membranes protectrices, Cellules, Molécules ingérant et luttant dans les Soupes originelles des Temps géologiques, Fils et Filles de la Nuit primordiale et des Commencements impénétrables, Fils et Filles du Chaos sans Visage et du Jaillissement de la Lumière imprépensable, Enfants de Glaise et du Stellaire, Enfants de double Provenance, nous portons en nous-mêmes la Catastrophe des Univers, les Machineries mouvementées de la Chair, l’Eclat tragique de la Délivrance du Naître et le Possible du Mourir, les Marques déjà de l’Âge qui commence la Poussière des Années, la Lutte avec le Temps, nous portons en nous-mêmes ce qui nous éloigne de Nous d’une Distance infranchissable, l’Autre et le Désir du Monde, la Rage d’Être, la Prédation héréditaire qui tourmentent à notre Insu les Corps et les Zones obscures de la Conscience….
    Fils et Filles du Cerveau et du Crâne, des Circonvolutions physiologiques qui drainent et la Peur et le Rêve, la Vision, la Mémoire et l’Oubli, Silhouettes vacillantes des Corps malhabiles et boiteux parmi les Amis inconnus, Formes tragi-comiques qui s’agitent un Instant sur la Scène du Monde puis tombent et meurent, quel est le Sens de ce Rire douloureux qui balafre les Visages de Conscience et de Stupeur, de Flamboyances et de Malignité ? Veille et Sommeil se partagent nos Vies et l’incessante Intermittence des Sensations, le Manège impitoyable des Sentiments et des Situations, avec, de Jour en Jour, de Jour en Nuit, les invisibles Métamorphoses qui nous changent en Autres. Fils et Filles des Présences étranges, déchiquetées, brèves, béantes sur une Nostalgie inconsolée, roulant, coulant et trébuchant vers les Ornières obscures de l’Avenir, quel Sens y a-t-il à se mouvoir ainsi et chuter dans la Houle des Jours et dans l’Eternité poudreuse de la Tombe ? Serait-ce un Dévoiement que le Savoir nescient de la Mortalité qui fonde en Nous l’Essence de l’Humain sur cet Abîme d’Etonnement et d’Ignorance, sur la froide Raideur stérile des Gisants ? Et moi aussi, je cherche en vain, comme chacun, dans le Langage des Mortels, les Mots de l’Initial et de l’Ultime, l’Evénement de la Rupture funèbre, le Fond sans Fond, sans Nom autre que les Orages d’Univers…La Catastrophe des Commencements supposés…..
    Et nous sommes venus, au Hasard de la Provenance des Espèces et des Formes, Fils et Filles des Lointains, du grand Jadis, de la lente Sortie des Eaux millénaires dont nous rêvons parfois la Léthargie et le Silence, la Chaleur profonde et maternelle du Ventre. Dressés et vacillants vers la Hauteur vide des Cieux, nous nous émerveillons et nous nous effrayons de l’Infini d’Espace et des Mondes possibles, des Nuits illuminées et de la Ronde des Saisons, de la Fermentation des Vies nouvelles, belles et jeunes, promises à la Putréfaction et la Nécrose. Les Rites et le Langage tentent en vain d’en conjurer l’Indéchiffrable, Appels, Cérémonies et Chants, Musiques de la Mort, Célébrations, Danses et Ostensions d’Objets sacrés, Le Ciboire et le Livre, l’Espérance tragique des Poèmes d’Espoir, l’Autreté à jamais qui fonde et destitue…...Sur les Parois d’Inconnaissance qui nous tiennent captifs, nous gravons l’étrange Liberté des Origines, la Douleur de l’Errance et la Joie au Travers des quelques Brèches du Savoir, la Non-Essence prodigieuse de la Vérité, le Fond occulte dont elle provient et les belles Percées de Merveille, Fleurs sans Raison dont l’Apparition nous transporte et vibre dans le Miroitement des Sens et le Murmure de la Parole. Des Eclairs de Beauté fulgurante dans la Caverne de nos Jours et sur les Oeuvres d’Art d’où jaillissent la Vérité et la Non-Vérité, Fontaines du Séjour auprès des Choses et des Êtres…
    Fils et Filles de la Veille et du Sommeil, la Lumière et la Ténèbre scandent nos Vies baroques d’une étrange Ouverture et des Constellations du Songe à déchiffrer. Fils et Filles d’Eloignement, Ô Enfants étranges des Orages d’Univers !…..

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