|
J’ai rêvé de mots Arlequin, aux couleurs d’été,
Losanges de lettres en habits arc-en-ciel.
J’ai songé à Pierrot qui au son d’une vielle,
Chamarrerait la Lune de vers entêtés…
J’ai scruté Scapin scalpant l’ennui,
De fourberies dont l’on rit toute la nuit.
Et Cyrano sous un balcon de masques
Hurle « non merci » et enfin me démasque.
Carnaval de visages à jamais supporté,
Je dévoile, peu sage, ce que je n’ai su porter.
Il est temps, à l’instant et je le sais tant,
Que mes actes incessants te soient moins distants.
L’heure a sonné au clocher de mon être,
Bonheur assumé en ricochet de mal être.
Plumes envolées dans des cieux de palabres
Je te regarde et fais voler ces faces qui se délabrent.
Un silex silencieux siffle soudainement
Une gerbe d’étincelles, un embrasement.
En papier-mâché ils brûlent. De porcelaine se fendent,
Ces personnages éphémères, ceux qui me défendent,
Disparaissent aujourd’hui tandis que je scande
Ton nom sur une scène de minuit, telle une offrande,
A un monde nouveau où je ne suis pas qu’un pion,
Mais bien majesté, et sans galimatias espions,
Je m’élèverai au zénith d’un univers certain.
Tandis que toi, oui toi, tu seras la mécène,
Au cœur de chaos qui nous écœure d’incertain,
La Muse cosmique qui referme le rideau de l’obscène.
J’ai vu dans tes yeux, un clair de lune endormi,
Colombine perdue, masquée à demi.
Je t’offre une gondole argentée de raison,
Dans un espace de passions aux quatre saisons.
Les coulisses étoilées, de mon théâtre réfléchi,
Lissent les tollés de l’âtre qui réfléchit,
Des flammes créatrices, affamées, destructrices,
Une femme non actrice, réclamée, non réductrice.
Clarté absolue dans l’obscure oisiveté,
Ta bouche dissolue une cure de naïveté….
La suite de ces mots, ne s’écrit pas,
Elle se vivra entre toi et moi…
Le temps nous offrira un présent futuriste
Qui demain sans passé, sera bien altruiste.
|