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Le voyageur sans escales (mémoires d'Asie)

le vendredi 06 avril 2018, à 07:11. Posté par Philip de Berg


    Sur le comptoir cuivré d’un bout de monde éteint,
    Où s’affalent, transis, des restes de mémoire,
    Survivant aux jours las qu’un vieux soleil étreint,
    S’amasse sans un bruit la dernière victoire,

    Enfantée par la fièvre à la couleur d’orgueil.
    Dans un chaos furtif où les parfums d’encens
    Forcent le sortilège à consumer le deuil,
    Hạ Long enfin s’endort, sans ses rêves absents,

    Quand l’horizon confond l’absurde et la raison
    Et quand la mer enlace un ciel bien trop timide
    Dont les sanglots voilés au creux de l’horizon
    Emprisonnent l’espoir, mon cœur est trop lucide.

    Il bat comme un tambour, et rythme les moussons,
    Puis soudain se rassure en clameurs indulgentes,
    Portées par un vent fauve enrobé de frissons.
    Qui offre au jour froissé, ses larmes innocentes
    -------------------------------------------------------------------
    Mais quand s’installe enfin, le voile du silence,
    Sous des larmes de pluie, s’endorment les lotus

    Je suis ce voyageur au regard sans escale……

    Illustration : photo Philip – rizières en Indonésie

    Illustration musicale :
    https://www.youtube.com/watch?v=lSZLlD8TrIc

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commentaires ( 12 ) (Ajouter un commentaire)
debbie le vendredi 06 avril 2018, à 09:35
Bonjour Philip, quel beau voyage à la fois intérieur et visuel ! Avec cette musique qui nous enivre et nous donne l'impression d'être là.. Ce qui est vraiment merveilleux cette c'est sensation comme une impression d'être sur place et de ressentir. Car visiter un endroit doit éveiller plus que le sens de la vue. Et quand on arrive à ressentir l'âme de l'endroit c'est vraiment la plus belle des choses. Merci de ce beau partage Philip.
Belle journée
Amitié
Debbie
http://www.mespoemes.net/debbie/

mariepaule le vendredi 06 avril 2018, à 13:28
Coucou Philip

L'étendue d'une eau calme, qui s'oddr devant nous

mariepaule le vendredi 06 avril 2018, à 13:41
Re coucou

C'est un poème, où tout s'éteint même la vie

Il y régne une admosphère pas bien gaie au départ..

Puis l'étendue d'eau qui s'offre devant nous et s'unissant à ciel, apporte une douceur et un sentiment de bien être

Un poème, où plane le mystère d'un autre temps..

Belle balade Philip
Om
Bise
Marie

Mickaël le vendredi 06 avril 2018, à 18:24
Bonjour Philip, je me suis laissé porter par cette musique un brin envoûtante, j'ai rêvé d'une vie simple dans cette Asie, certainement difficile, mais tellement riche.
merci de m’emmener dans tes voyages.
Toutes mes amitiés. Mickaël

La Mouche Nounouche le vendredi 06 avril 2018, à 19:41
La baie d'Ha Long représente pour beaucoup une carte postale de rêve, les vacances, mais tu nous ramènes pour un rendez-vous avec une histoire pas si lointaine faite de guerres successives, de sang et d'exode ! La carte postale a connu bien des revers de fortune et je te remercie Philip de nous le rappeler, tout en douceur et poésie. . . La Mouche

La Mouche Nounouche le vendredi 06 avril 2018, à 19:44
J'ai oublié d'évoquer la pudeur dont tu te drapes pour ne pas faire étalage de blessures qui en découlent et doivent suinter encore parfois pour tous les exilés. . .

Philip (Jardin de Lune) le samedi 07 avril 2018, à 08:33
Pour DEBBIE :
Merci d'avoir réussi à te faufiler dans le poème et d'avoir pu percevoir un peu de l'ambiance dégagée. En fait, la photo et la musique aident à la méditation, c'est certain. La photo représente un petit village (ce bout de monde éteint), mais le poème cite Ha Long, un endroit aujourd'hui très touristique (l'endroit est merveilleux), mais où tant de souffrance lorsqu'y sévirent d'absurdes guerres étaient présente.
Beau week end. Amitiés. Philip

Pour MARIE :
Bonjour Marie. Ton analyse est très bonne. En fait au départ je voulais n'évoquer que la beauté des paysages, et donne une impression calme de solitude de bout du monde !
Mais le poème a pour lieu la baie d'Ha Long. Un endroit qui a souffert.
Cela se sent certainement dans mes vers, bien que mon but était de les rendre plus apaisants qu'il n'y paraissait. Bisous et bon week-end, Marie.

Pour MICKAEL :
Tu auras, je pense, lu les commentaires de ce poème et les réponses. Tu as donc....la réponse à ton propre commentaire : la vie est toujours simple en Asie. Simple mais douloureuse. Spirituellement riche pourtant. La musique que j'ai choisie souligne en effet l'impression que je voulais laisser.

Pour YVES (La Mouche) :
Bonjour Yves. Je pense que dès que tu as lu "Hạ Long" tu as compris le sens de ce poème. Oui, la pudeur était nécessaire, elle est toujours nécessaire lorsque, même avec la tendresse et la compassion des mots, on évoque, derrière le tableau (ou la carte postale) les souffrances qu'il y avait et qui persistent.
Il est indispensable, quand on voyage, de se dépouiller de sa peau de touriste, pour ressentir totalement l'émotion et l'empreinte de l'Histoire.
Amitiés et bon week-end, Yves. Philip.

Rêveuse le samedi 07 avril 2018, à 09:52

Bonjour cher Philip

C'est justement cet apparent détachement, cette pudeur, qui font la force de ton poème
je l'ai relu plusieurs fois en écoutant cette musique et j'ai ressenti toutes ces douleurs cachées derrière la carte postale et le poids de l'histoire au creux de cette baie de rêves
merci pour ta sensibilité extrême
amitiés du jour!

Philip (Jardin de Lune) le samedi 07 avril 2018, à 15:00
Pour REVEUSE :
Merci pour avoir, toi aussi, perçu la gravité du propos, à travers des mots qui ne sont, somme toute, pas aussi voilés que ça, mais en gardant, bien entendu, la pudeur.
L'Asie sait rester pudique, tu sais, ses peuples vivent avec juste l'espoir d'une vie meilleure, d'ailleurs peut-être juste dans un au-delà auquel ils croient. Aujourd'hui les douleurs sont encore présentes pour beaucoup.
Je pensais que mon écrit était très mineur. Mais, de par la charge émotionnelle que vous y avez semble-t-il tous trouvés, pas tant que ça.
Amitiés et beau week-end, Rêveuse.
Philip.

stella le dimanche 08 avril 2018, à 00:43
Il y a beaucoup d'émotions dans tes Mots Mon Ami, l'Asie comme tu dis a un passé douloureux... il restera toujours des fragments... des pleurs Silencieux... mais toi le poète avec ta plume ... tu as ravivé chez moi des douleurs qu'il ne faut pas oublier... C'est un peuple que je respecte.. qui est pudique... mais ma sensibilité a été toucher par tes mots... Non Ton Poème n'est pas mineur, bien au contraire... il a touché là où ça fait le plus mal... en plein cœur... Je t'embrasse Amicalement. Nathalie Gribouilleuse.

susan* Coquelicot * le dimanche 08 avril 2018, à 10:41
Coucou Philip,
L’Asie et son passé douloureux …
Pourtant de nos jours quand on s’y promène , on y sent un climat serein, apaisé , les paysages sont magnifiques , laissant oublier ces moments de barbarie des années passées mais je le sais, pas si lointain !
Ton poème est très beau, avec pudeur tu as évoqué ces moments douloureux puis délicatement tu nous entraines vers la baie d'Hạ Long, ses lotus et la beauté de ces paysages tellement grandioses …
Un beau partage que j’ai aimé !!!
Bisous.
Susan

Philip (Jardin de Lune) le dimanche 08 avril 2018, à 10:58
Pour SUSAN :
Oui....l'Asie a des paysages grandioses et la nature est fantastique. Les vestiges anciens sont émouvants aussi.
Mais hélas, si notre regard capte l'ancestrale sagesse de l'Asie, il voit aussi, sous l'humilité et la pudeur, beaucoup de pauvreté. Bisous. Philip

Pour STELLA :
Ah bonjour, Nathalie, cela me fait très plaisir de te revoir ici. Mais...si tu as un peu de temps, pense à écrire des poèmes et tes mots spontanées et authentiques de la "gribouilleuse" que tu es.
Ah tu connais la pudeur et la sensibilité que je mets dans mes mots, surtout pour parler de ceux qui souffrent et qui ont souffert. C'est vrai, j'ai trouvé au début que mon poème n'était pas un des plus travaillés, mais à la finale, pour son contenu essentiellement, je l'aime bien. Pour la forme c'est autre chose.
Merci d'avoir aimé et ressenti vivement mes vers, Nathalie.
Je t'embrasse amicalement également.
Philip.

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