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Ophélie, mon amie, pourquoi errer si tard
Au bord de cet étang aux eaux glauques et noires ?
Je lis dans ton regard éperdu de tristesse
Quelque sombre au revoir, quelque appel de détresse.
Hamlet t’a délaissée, tu en as tant de peine
Que la vie t’apparaît comme une lourde chaîne,
Hamlet, dans sa folie, t’a chassée de ses nuits,
Ivre de sa vengeance et des siens qu’il poursuit.
Et tu ne trouves plus aucun sens à ta vie
Et tu voudrais sombrer dans la mort et l’oubli.
Ophélie, mon amie, viens t’asseoir un moment,
Mets ta main dans ma main et m’écoute un instant …
Regarde sur le fjord, là-bas, dans la pénombre,
Valser ce bateau ivre avec les flots si sombres !
Un poète maudit lui fera pénétrer
Des mondes fabuleux dont il n’osait rêver …
Regarde les étoiles qui brillent au firmament …
Un écrivain, un jour, parlera d’un enfant
Qui y accrochera les grelots de son rire
Pour qu’il n’oublie jamais son tendre souvenir.
Même si tout paraît décevant et trompeur
Où qu’erre ton regard sur ce monde de peurs
Il est une lueur qu’il suffit de capter
Pour que tout s’illumine et t’incite à aimer.
La force que tu crois à jamais disparue
Est assoupie au fond de ton cœur abattu,
Raccroche-toi à ce qui paraît dérisoire,
Mais sème le désir et ravive l’espoir.
Ophélie, mon amie, ce soir, trahis Shakespeare
Et viens mêler ta voix à nos chants et nos rires,
Reviens illuminer le château d’Elseneur
De cette fleur de vie qui t’habitait…ma sœur !
Ophélie, mon amie, pourquoi errer si tard
Merewyn
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