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René Char a dit .... ( René Char )

le dimanche 15 avril 2018, à 09:31. Posté par COLLECTIF (auteur : René Char)








    « Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux. »


    « Il n’y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit. »


    « L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne. »


    « Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. »


    « Agir en primitif et prévoir en stratège. »


    « Comment vivre sans inconnu devant soi ? »


    « L'artiste doit se faire regretter déjà de son vivant ! »


    « La seule signature au bas de la vie blanche, c'est la poésie qui la dessine. »


    « La poésie vit d'insomnie perpétuelle. »


    « L'homme est capable de faire ce qu'il est incapable d'imaginer. »


    « Signe ce que tu éclaires, non ce que tu assombris. »


    « Les routes qui ne disent pas le pays de leur destination, sont les routes aimées. »


    « Vivre, c'est s'obstiner à achever un souvenir. »


    « L'esprit du château fort, c'est le pont-levis. »


    « Imite le moins possible les hommes dans leur énigmatique maladie de faire des noeuds. »


    « Ne t'attarde pas à l'ornière des résultats. »


    « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. »


    « Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la beauté. Toute la place est pour la beauté. »


    « Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver. »


    « L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. »


    « A tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'asseoir. La place demeure vide, mais le couvert reste mis. »


    « L'acte est vierge, même répété. »


    « Le réel quelquefois désaltère l'espérance. C'est pourquoi, contre toute attente, l'espérance survit. »


    « Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir. »


    « L'acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne la beauté. »


    « Si l'homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d'être regardé. »


    « Prend-on la vie autrement que par les épines ? »


    « Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m'intéresse pas. »


    « On ne se bat bien que pour les causes qu'on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s'identifiant. »


    « N'étant jamais définitivement modelé, l'homme est receleur de son contraire. »


    « Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t'es promis à toi seul. Là est ton contrat. »


    « Nous sommes écartelés entre l'avidité de connaître et le désespoir d'avoir connu. L'aiguillon ne renonce pas à sa cuisson et nous à notre espoir. »


    « S'il n'y avait pas l'étanchéité de l'ennui, le coeur s'arrêterait de battre. »


    « Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore. »


    « L'éternité n'est guère plus longue que la vie. »


    « L'homme fut sûrement le voeu le plus fou des ténèbres ; c'est pourquoi nous sommes ténébreux, envieux et fous sous le puissant soleil. »


    « La parole dépourvue de sens annonce toujours un bouleversement prochain. »


    « Tout ce qui nous aidera, plus tard, à nous dégager de nos déconvenues s’assemble autour de nos premiers pas. »


    « Les larmes méprisent leur confident. »


    « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil. »


    « Il faut être l'homme de la pluie et l'enfant du beau temps. »


    « Avec ceux que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n'est pas le silence. »


    « Les yeux seuls sont encore capables de pousser un cri. »


    « Comment la fin justifierait-elle les moyens ? Il n'y pas de fin, seulement des moyens à perpétuité. »


    « Je ne puis être et ne veux vivre que dans l'espace et dans la liberté de mon amour. »


    « La terre qui reçoit la graine est triste. La graine qui va tout risquer est heureuse. »


    « Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière. »


    « Nous commençons toujours notre vie sur un crépuscule admirable. »


    « Le poète ne peut pas longtemps demeurer dans la stratosphère du verbe. Il doit se lover dans de nouvelles larmes et pousser plus avant dans son ordre. »


    « Enfonce-toi dans l'inconnu qui creuse. Oblige-toi à tournoyer. »


    « La parole soulève plus de terre que le fossoyeur ne le peut. »


    « On ne peut pas commencer un poème sans une parcelle d'erreur sur soi et sur le monde, sans une paille d'innocence aux premiers mots. »


    « Nous sommes au futur. Voici demain qui règne aujourd'hui sur la terre. »


    « L'éclair me dure La poésie me volera de la mort. »


    « Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. »


    « Au plus fort de l’orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C’est l’oiseau inconnu, il chante avant de s’envoler. »


    « Prenez garde : tous ne sont pas dignes de la confidence. »


    « Le poète meurt de l'inspiration comme le vieillard de la vieillesse. La mort est au poète ce que le point final est au manuscrit. »


    « Les femmes sont amoureuses et les hommes sont solitaires. Ils se volent mutuellement la solitude et l'amour. »



    René Char


    * René Char est un poète et résistant français né le 14 juin 1907 à L'Isle-sur-la-Sorgue et décédé à Paris le 19 février 1988.
    Bâti comme un colosse (1,92 m) et impulsif, il joue passionnément au rugby qu'il pratique avec son ami Jean Garcin. Pensionnaire du lycée Mistral d’Avignon puis, en 1925, étudiant à L'École de Commerce de Marseille, il lit Plutarque, François Villon, Racine, les romantiques allemands, Alfred de Vigny, Gérard de Nerval et Charles Baudelaire. Il fait en 1924 un voyage en Tunisie où son père avait créé une petite plâtrerie. Après avoir travaillé à Cavaillon dans une maison d'expéditions, il effectue en 1927 son service militaire dans l'artillerie à Nîmes. En 1928 est publié son premier recueil, Cloches sur le cœur, rassemblant des poèmes écrits entre 1922 et 1926, dont il détruira la plus grande partie des exemplaires.

    Maurice Blanchot, dans La Part du feu, observait que « l'une des grandeurs de René Char, celle par laquelle il n'a pas d'égal en ce temps, c'est que sa poésie est révélation de la poésie, poésie de la poésie. » Ainsi, dans toute l'œuvre de Char, « l'expression poétique est la poésie mise en face d'elle-même et rendue visible, dans son essence, à travers les mots qui la recherchent. » Il est hautement significatif que Char ait recueilli et publié une anthologie plusieurs fois augmentée de tout ce qui a trait explicitement dans son œuvre à la parole poétique : Sur la poésie. Au plan formel, sa poésie trouve son expression privilégiée dans l'aphorisme, le vers aphoristique, le fragment, le poème en prose (ce que Char nomme sa parole en archipel), si tant est que ces catégories littéraires soient pertinentes.


    Recueils poétiques :

    Arsenal, 1929
    Ralentir Travaux,1930, en collaboration avec André Breton et Paul Éluard
    Artine, 1930
    Le Marteau sans maître, 1934
    Seuls demeurent, 1945
    Le Poème pulvérisé, 1945
    Feuillets d'Hypnos, 1946
    Fureur et Mystère, 1948
    Le Soleil des eaux, 1949
    Les Matinaux, 1950
    L'Art bref suivi de Premières alluvions, 1950
    À une sérénité crispée, 1951
    Lettera Amorosa, 1952
    Recherche de la base et du sommet, 1955
    La Parole en archipel, 1962
    Dans la pluie giboyeuse, 1968
    Le Nu perdu, 1971
    Aromates chasseurs, 1976
    Chants de la Balandrane, 1977
    Fenêtres dormantes et porte sur le toit, 1979
    Les Voisinages de Van Gogh, 1985
    Éloge d'une soupçonnée, 1988







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