JARDIN DE LUNE

 

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Empreintes

le dimanche 22 avril 2018, à 18:22. Posté par Philip de Berg


    Quand s’en viendront enfin *, sur les places publiques,
    Endormies comme une ombre aux reflets amnésiques,
    Les empreintes des jours qui consument les flancs
    Des canailleux berceaux, arrimés près des bancs,

    Nous ne verrons plus rien des jours lents qui s’installent
    Quand se courbe l’échine et que les cœurs déballent
    Leurs mystiques sanglots emportés par la pluie.
    C’est dans les vagues d’or que se confond la vie !

    A l’heure où le silence accomplit sans trembler
    Sa sentence complice en espérant chavirer
    Le radeau que la vague avait su épargner,
    Tout au loin, dans les ports, nos rêves vont brûler.

    Pourrais-je, dans l’argile où se blottit l’Horizon,
    Retrouver ce reflet qui se meurt sans raison,
    Pour d’insensés chemins qui brûlent mes paupières,
    Me réveiller encor pour des voix familières ?

    Et mon regard envieux qui caresse Demain,
    Ce mirage éconduit qui s’effrite au lointain,
    Ouvrira la fenêtre et l’antique moment
    Prisonnier de mes soirs s’enfuira lentement.
    ------------------------------------------------------------------------------
    Car c’est dans les flots morts que se morfond l’envie.

    * « …s’en viendront enfin » : j’ai fait volontairement le choix d’une tournure archaïque.

    Illustration : photo Philip – « Fleurs de lune »
    Illustration musicale : Georges Delerue – Concerto de l’Adieu
    https://www.youtube.com/watch?v=Vu46hLLqFyI

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commentaires ( 7 ) (Ajouter un commentaire)
debbie le dimanche 22 avril 2018, à 19:03
Bonjour Philip,
Wow superbe poésie qu’il fait bon lire avec cette musique de Georges Delerue. Cette musique semble avoir été crée pour tes mots, où le contraire peut-être que tu l’as écouter en écrivant ? Mais quoi qu’il en soit c’est une parfaite fusion. J’adore tout spécialement cette partie
« A l’heure où le silence accomplit sans trembler
Sa sentence complice en espérant chavirer
Le radeau que la vague avait su épargner,
Tout au loin, dans les ports, nos rêves vont brûler.

Les rêves qui vont brûler dans les ports. C’est très fort comme image. A la fois triste et pas si triste car parfois la fin d’un rêve peut aussi vouloir signifier la réalité qui efface ce rêve brûlé ? Enfin ça peut être interpréter de différentes façons, j’ai choisi la plus optimiste je pense. *sourire*

J’ai beaucoup aimé ton poème mais j’ai eu un peu de difficulté à en comprendre le sens global. Si je prend un ou deux vers à la fois j’y perçois toute la profondeur. Mais je n’ai pas tout à fait saisit le poème dans son ensemble. Je me suis un peu perdu je l’avoue mais j’ai eu beaucoup de plaisir à me perdre dans tes mots, donc ça m’importe peu de ne pas avoir tout saisit car je pense avoir quand même comprit l’essentiel. Merci de ce beau partage Philip c’est toujours un très grand plaisir de te lire.
Belle soirée à toi
Amitié
Debbie

mariepaule le dimanche 22 avril 2018, à 22:08
Coucou Phlip

C'est la fin d'un monde que tu poètise....

"Quand s’en viendront enfin"
La sagesse des hommes
pour que notre monde ne sombre pas dans le vide....

Et, le dernier quatrain, nous ramène à un désir profond de brûler tout l'antique accumulés en soi"la peur" des lendemains.

C'est comme cela que je l'ai ressenti ton poème Philip....

Il m'intrigue je vais le méditer dans mon lit....

Bisous
Om
Marie



Tout semble disparaître.
C'est étrange, l'espoir d'un autre lendemain est co,damné, tout va finir....




Philip (Jardin de Lune) le lundi 23 avril 2018, à 06:48
Pour DEBBIE :
Bonjour Debbie. C'est la musique qui est venue se "coller" au poème (mais je connais les tonalités harmoniques de Delerue et je savais que j'allais trouver un morceau qui correspondrait au poème.
Pour ce qui est du "sens global", ne t'inquiète pas, il est loin d'être évident.
Ce sont justes des impressions diffuses guidées par des sonorités, où ma fameuse "musique des mots" a privilégié le reste.
Et, même si, en la circonstance, ces vers ne proviennent pas de mots écrits par-ci par la sur des petites bouts de papier, puis agrégés, cela ressemble fort à ma façon de faire, qui est un peu à la manière de la technique du "cut up" de certains écrivains anglo-saxon (dont Burroughs).
D'ailleurs, en écrivant ces vers, je n'avais pas encore de titre, et je fus bien embarrassé au moment d'en donner un. J'ai choisi "Empreintes" à la finale, comme pour marquer des impressions (imaginaires bien sûr) qui demeurent.
En effet, le groupe de vers que tu cites, me parait le plus fort.
Merci d'avoir aimé mes vers.
Belle semaine. Amitiés. Philip

Pour MARIE :
Bonjour Marie.
Ah c'est intéressant, les ami(e)s lecteur(trices) trouvent donc différents sens à cette poésie ? Bien !
Une fin du monde, au plan philosophique, pourquoi pas ?
Dans ce cas, en effet, "brûler l'antique" est nécessaire puis, ne plus se retourner. Mais....il reste les empreintes, indélébiles....
Mais dans ce cas, l'espoir n'est pas, n'est jamais condamné. La fin (de l'histoire) n'est pas encore là.
Belle semaine à toi, Marie. Bisous. Philip.



Rêveuse le lundi 23 avril 2018, à 07:37

Bonjour Philip!

Je me suis laissée emporter par le flot de tes mots, sans forcément chercher leur sens, juste n’imprégner de cette
ambiance qui n'appartient qu'à toi en écoutant l

Rêveuse le lundi 23 avril 2018, à 07:41

Oups, commentaire parti sans prévenir, désolée!

je poursuis....
en écoutant la musique symbolique et grave de Delerue, l'Adieu, et finalement je t' "y retrouve " dans cette mélancolie
profonde, avec vers la fin cette "fenêtre" qui s'ouvre pour aller vers demain et quitter "ces flots morts où se morfond l'envie"!
Merci d'avoir posé ton empreinte sur la page!
un cadeau!
bonne journée avec mon amitié

mariepaule le lundi 23 avril 2018, à 08:31
Coucou Philip

Les fameuses 'empreintes' elles sont évidente pour moi, eh oui....

Les empreintes sont les énergies de tous ce qui a été vivant sur terre, tout meurt, mais ne disparaît pas tout de suite.

Les emprientes restent, même, si on ne les voient pas.

J'ai relu et reste sur mon ressenti Philp.

Beau lundi, c'est un jour de la semaine que j'ai toujours adoré, pourquoi je suis née un lundi...

Je pars avec Alain à Arras, chez des cousins...

Bisous
Om
Marie


Philip (Jardin de Lune) le lundi 23 avril 2018, à 19:32
Pour MARIE :
Oui ton idée "d'empreintes d'énergie" est tout à fait intéressante.
Merci d'avoir réfléchi encore sur mes quelques vers et d'y avoir apporté un petit complément. Bisous. Bonne soirée, Marie. Philip

Pour REVEUSE :
Encore une interprétation différente, Rêveuse, mais qui ne manque pas d'intérêt aussi.
Mais aussi, oui, s'imprégner des ambiances (Ah, il faudrait quand même que je mette des ambiances plus joyeuse, sourire !)
Merci à toi d'avoir encore apprécier mes vers. Bonne soirée. Amitiés. Philip.

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