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Au milieu d’une chambre, en son univers gris,
Une femme est debout, ses bras sont amaigris,
Elle regarde au loin par la fenêtre ouverte
Le ciel trop bleu pour elle et la forêt trop verte.
La vie, à cet enfant, ne fait pas de cadeau :
Sur son dos elle porte un bien trop lourd fardeau
Qui risque, avec le temps, de lui briser l’échine
Et l’on voit dans ses yeux qu’un mal-être la mine,
Son esprit ne sait plus ce que veut dire espoir,
Chaque jour qui se lève est un autre devoir ;
Elle est si jeune encore et se sent déjà vieille,
Il faut pourtant si peu pour qu’un cœur se réveille.
Et lui, pauvre Pierrot, voudrait pouvoir l’aider,
La prendre par la main, l’apaiser, la guider,
Donner à Colombine un goût simple de vivre,
Tourner enfin la page, ouvrir un nouveau livre.
Oui, mais que peut-il faire en un moment pareil
Pour chasser son chagrin ? Lui donner un conseil ?
Il est devant sa feuille, impuissant et sans arme,
Et sur le papier blanc, pour lors, coule une larme.
Et sa plume se met brusquement à courir,
Et voilà que les mots commencent à fleurir,
S’entrelacent en vers, composent un poème
Où chaque rime éclate en un vibrant « je t’aime ».
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