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Madame Tussaud revisitée (1761-1850)

le mercredi 02 mai 2018, à 07:27. Posté par Michel Ernest


    C'est dans une verve amusée
    Que par ces mots j'aimerais dire
    Que l'inventrice du musée
    Aux célèbres têtes de cire

    Marie Grosholtz, femme Tussaud
    De son art n'en tirait gloriole
    Car son père était un bourreau
    Et qu'elle était à bonne école

    Enfant de Joseph et Marie
    Née en décembre comme "Lui"
    En entendant son premier cri
    C'est une fille qu'on se dit

    Elle est élevée par sa mère
    Car son père, un aide-bourreau
    S'en est allé faire la guerre
    Où il est tombé en héros

    La mère est femme de ménage
    À Berne, chez un médecin
    Un peu physicien, un peu mage
    Qui est né en quarante et un

    Le docteur Philippe Curtius
    Que Marie appelle "tonton"
    Possède aussi dans son cursus
    Pour la sculpture, quelque don

    S'offrant d'en tirer avantage
    Auprès de fortunés messires
    En France, Curtius aménage
    Un musée de portraits en cire

    Après une année prospective
    Curtius fait venir à Paris
    De manière définitive
    Madame Grosholtz et Marie

    Dans sa maison aux quatre pièces
    Il œuvre dans son atelier
    À côté de sa jeune nièce
    Qu'il initie à son métier

    Peu à peu le trio étrange
    Atteint si belle renommée
    Que les spectateurs se dérangent
    Depuis de lointaines contrées

    Fillette, puis adolescente
    Marie est si bonne ouvrière
    Qu'à quatorze ans elle présente
    Un portrait criant de Voltaire

    Puis elle crée entre autres bustes
    Celui de Jean-Jacques Rousseau
    Et celui un peu plus robuste
    De Franklin, alors un héros

    Dans la "Taverne des voleurs"
    Située au boulevard du Temple
    Le jour où la nuit, à toute heure
    Les grosses têtes se contemplent

    Puis la Révolution arrive
    Pour Marie c'est inespéré
    Pendant quatre années successives
    Enfin les têtes vont tomber

    Mais un concurrent malhonnête
    Familier du bourreau Sanson
    S'il ne lui fait couper la tête
    Il la fait jeter en prison

    C'est grâce au grand peintre David
    Qu'elle sort de cette Bastille
    Sanson, le bourreau régicide
    N'avait pas l'esprit de famille

    Curtius sentant sa mort prochaine
    Lègue ses œuvres à Marie
    Marie pour compenser sa peine
    À Paris, vite se marie

    De trente-quatre à trente-huit ans
    Elle entrecoupe son travail
    De quelques naissances d'enfants
    Qu'elle élève vaille que vaille

    Bientôt le couple se sépare
    Lors, avec son petit dernier
    En Angleterre, Marie part
    Pour retrouver un associé

    Bien que la paix soit revenue
    Qu'elle ne parle pas anglais
    Suffisant sont ses revenus
    Pour vivre là-bas, à jamais

    Marie installe son bazar
    En plein Londres, dans "Baker Street"
    Où quintessence des "quat'zarts"
    Et pires horreurs cohabitent

    Elle rédige ses mémoires
    Pour laisser d'elle aimable trace
    Essayant de nous faire croire
    Qu'elle venait de noble race

    Quand sonne son heure dernière
    Elle moule son propre buste
    Qu'elle pose dans le vestiaire
    Et s'endort du sommeil du juste

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
henridurtal le mercredi 02 mai 2018, à 08:43
Encore un tour de force que cette biographie en vers ! Bravo, Sire!

cecel le mercredi 02 mai 2018, à 08:53
Bonjour Michel
Un historique en poème, très agréable à lire voire à savourer.
Le rythme est prenant et l'on se retrouve trop vite à la fin de cette histoire.
Merci pour cette visite au Musée.
Cecel

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