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Dans l’entre-deux-seins
J’ai longtemps retardé ce moment fatidique
Où je serai mené à enfin révéler
Le trouble de mon cœur en te voyant passer,
Tes cheveux dans le vent, ta démarche élastique,
Ton corsage entrouvert découvrant, impudiques,
Ces deux petits pigeons que tu fais balancer ;
Qui saurait résister à l’envie d’y toucher,
Peut-on toujours laisser les amours platoniques ?
Aujourd’hui, c’est certain, il me faut entreprendre,
Je ne sais pas très bien comment vraiment m’y prendre.
Daigneras-tu pour moi t’arrêter en chemin,
Répondras-tu alors en acceptant la rose
Que pour toi j’ai cueillie ; permettras-tu enfin
Que dans l’entre-deux-seins un baiser je dépose ?
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