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« Innocente hâblerie »
Depuis le temps que je marche
Sur ce creux chemin de terre,
Il me serait bien aise de trouver
Belle souche d'arbre hier coupé.
Sur celle-ci, en étant bien fier,
Je pourrai y poser mon derrière,
Que j'ai, d'après ce qu'on dit,
Fait d'assez jolis arrondis.
Et, ne croyez pas, je vous prie,
Qu'il y a là, de ma part, vanterie.
D'autant, que hâbleur comme je suis,
Je vous dirai bien que le reste suit.
Il faut vous dire que dans le temps,
Quand de santé j'étais plus vaillant,
Bon nombre de belles drôlesses soupiraient
Quand, le rouge aux joues, elles recevaient,
Mon clin d'œil malicieux qui les remplissait d'aise.
J'ai donc hâte à m'asseoir sur ce prochain trognon de chêne
Croiser mes doigts sur le pommeau de mon bâton noueux,
D'y poser mon menton en laissant partir, tout en finesse,
Mon regard dans le vague de mes songes de jeunesse
Où je vais retrouver les frimousses de mes tendres patronnesses.
Johan (JR.).
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