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Pierre Bellemare revisité (1929-2018)

le jeudi 07 juin 2018, à 07:39. Posté par Michel Ernest


    Parfois l'on me trouve savant
    Voire même un peu "je-sais-tout"
    En histoire le plus souvent
    Mais en biographies surtout

    Pourtant, je ne dois pas ma science
    Au fruit d'une grande mémoire
    Je l'ai trouvé en abondance
    En lisant Pierre Bellemare

    C'est à Boulogne-Billancourt
    En plein milieu d'un bel automne
    Que notre Pierre voit le jour
    Avec les premiers microphones

    Il va à l'école à Paris
    Mais, juste après la quatrième
    Clandestinement, il rallie…
    Les scouts de la "Trente-huitième"

    À dix-sept ans, sa mère meurt
    Aussi, il cesse ses études
    Et se recherche une âme sœur
    Pour palier cette solitude

    Oui, mais pour épouser sa belle
    Il doit posséder un boulot
    Son beau-frère Pierre Hiegel
    Lui en trouve un presque aussitôt

    Il entre fin quarante-six
    Comme technicien auxiliaire
    Pour un an chez "Radio-Service"
    Mais souhaite y faire carrière

    Car le patron Jacques Antoine
    Trouvant Pierre brillant garçon
    Doté d'un chaleureux organe
    Lui confie vite une émission

    Devant ce geste magnanime
    Dès mil neuf cent cinquante et un
    Il peut épouser Micheline
    Qui lui donne deux beaux bambins

    Avec André Gillois, il crée
    En octobre cinquante-quatre
    Le premier jeu télévisé
    Où les sportifs viennent combattre

    Bientôt Pierre et Roger Couderc
    Inventent "La Tête et les jambes"
    Un jeu mi-sport, mi-questionnaire
    Pour lequel le bon peuple flambe

    Les dossiers "Extraordinaires"
    "D'Interpol", etcetera
    Sont chuchotés, mais de voix claire
    Du micro à la caméra

    Au début des années soixante
    Pierre semble perdre la tête
    Il s'entiche d'une innocente
    Qui est de treize ans sa cadette

    Elle s'appelle Roselyne
    Et tellement il est amoureux
    Qu'en cachette de Micheline
    Dix ans il joue le double jeu

    À la télé, pendant ce temps
    Cherchant l'émission "cœur de cible"
    Pierre, avec les frères Rouland
    Créent "La Caméra invisible"

    Pierre Tchernia, Jacques Legras
    Et Jean Poiret sont une équipe
    Qui planque une ou deux caméras
    Pour berner quelque pauvre type

    À quarante ans sur "Europe 1"
    Pierre produit, dirige, anime
    Une émission de jeux, de gains
    Mêlée d'enquêtes sur des crimes

    Et le soir après le travail
    Notre respectable bigame
    Rentre à l'un de ses deux bercails
    Chez sa maîtresse ou chez sa femme

    Jusqu'au jour où, coup de tonnerre
    Roselyne attend un enfant
    Lors, tout naturellement Pierre
    Le reconnaît discrètement

    La vie alors reprend son cours
    Et les émissions se succèdent
    Au déjeuner de chaque jour
    Où pour solliciter une aide

    En mil neuf cent soixante-douze
    Pierre n'y tenant plus dévoile
    La vérité à son épouse
    Qui le prend vraiment très, très mal

    Il s'unit à sa bien-aimée
    Après un divorce à ses torts
    Promettant de ne plus jamais
    Faire de folies de son corps

    Pierre frise la cinquantaine
    Quand sur "TF1" il présente
    Les faits divers de la semaine
    De sa moustache grisonnante

    Véritable bête de scène
    Il se paye même le luxe
    De rivaliser à l'antenne
    Avec le "Top club" de Guy Lux

    S'ensuit "C'est arrivé un jour"
    Puis "Vous pouvez compter sur nous"
    Et enfin "Au nom de l'amour"
    Lorsque tout s'arrête d'un coup

    En mil neuf cent quatre-vingt-sept
    La radio, la télé le lâchent
    Moins pour de mauvaises recettes
    Que pour sa trop blanche moustache

    Mais il rebondit assez vite
    Produisant quelques émissions
    Dès mil neuf cent quatre-vingt-huit
    Dont une qui fait son renom

    Il s'agit du "Télé-achat"
    Qu'avec Maryse il co-présente
    Parodié par Laurent Gerra
    Ça double le fruit de ses ventes

    En mil neuf cent quatre-vingt-douze
    Pierre est encore dans le coup
    Avec Dechavanne et Carmouze
    Il anime "Coucou c'est nous"

    À partir de quatre-vingt-treize
    Il participe aux "Grosses-têtes"
    Là, encore il très à l'aise
    Car il en est une vedette

    D'histoires "Extraordinaires"
    "Mystérieuses" ou "Incroyables"
    En "Bêtises de monsieur Pierre"
    Le suspens est toujours palpable

    À soixante-seize ans, ou dix-sept
    La voix toujours claire et audible
    Sur RTL9, il enquête
    Sur des "Enquêtes impossibles"

    En deux mil onze il est victime
    D'un trouble cardiaque bénin
    À peine remis il anime
    Une émission sur "Europe 1"

    À quatre-vingt-sept ans, encore
    Pierre présente une émission
    Mais sur France Bleu Périgord
    À quelques pas de sa maison

    Un an après, il monte au ciel
    Mais je vous parie un canon
    Qu'avec notre père éternel
    Il doit jouer au "Ni oui, ni non"

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
henridurtal le jeudi 07 juin 2018, à 10:00
Superbe évocation de quelqu'un qui nous a accompagné une grande partie de notre existence: la voix de ce conteur hors pair résonnera encore longtemps dans nos oreilles. Merci pour ce poème.

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