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« L’amour peut naître du temps d’une absence ! »
Douce Dame mon cœur pleure,
Car il me faut déjà vous quitter,
Pour rejoindre mon roi sur l’heure,
Et à son service, y mettre mon épée.
Notre union fut, par nos parents, arrangée.
Mais en rien, jamais, je ne vous ai forcée.
Être ensemble, ces mois, fut une félicité,
Qui je le sens nous emmène à nous aimer
Je ne sais si, de cette guerre, je reviendrai !
Puis-je alors, ma Douce, vous demander,
D’échanger vous et moi un premier baiser,
Qui serait promesse de ne point s’oublier.
Je confie à votre tendresse mon souvenir.
Libre à elle de le perdre ou de l’épanouir.
Ainsi, si Dieu me prête vie, en mes duels,
De retour, je saurais si vous lui fûtes fidèle.
Si ce fut le cas, je serais, alors, comblé d’aise !
Si j’étais oublié, je n’aurais de pensée mauvaise,
Et votre liberté en tristesse je vous restituerai.
Car, il ne saurait rien pire, que vivre des regrets.
Alors sachant cette promesse, douce Dame,
Acceptez-vous de la sceller de mon baiser
Sur le satin de vos lèvres vermeilles et parfumées,
Afin d’emmener avec moi en ces armées
Dans mon cœur le souffle odorant de votre âme ?
Johan (JR.).
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