Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Salvador Dali revisité (1904-1989)

le mardi 12 juin 2018, à 09:22. Posté par Michel Ernest


    Salvador naît à Figueras
    Tout en-haut de la Catalogne
    Là-bas où la mer vous enlace
    Quand un peu trop le soleil cogne

    Nous sommes en mil neuf cent-quatre
    Notaire est le père Dali
    Sa femme est mère près de l'âtre
    C'est "La Belle Époque" à Paris

    Son frère, un Salvador aussi
    Est mort il y a quelques mois
    Et sur sa tombe il est écrit
    Que Salvador Dali gît là

    Très troublé le petit garçon
    À quelques déductions se livre :
    "Je suis sa réincarnation
    Il était trop génial pour vivre"

    Salvador est un doux rêveur
    Il veut être Napoléon
    Plus tard il admet son erreur
    Disant qu'il manquait d'ambition

    C'est sûr, il veut être un artiste
    Foin de l'école et de ses bancs !
    Pichot, un peintre impressionniste
    L'impressionne par son talent

    Sur les conseils de ce Pichot
    Qui trouve Salvador très mûr
    Le père l'envoie illico
    Dans une école de peinture

    À quatorze ans Dali expose
    Et se fait déjà remarquer
    Bien qu'en pleine période rose
    On sent le bleu déjà pointer

    À la fin de la Grande Guerre
    Salvador prône l'anarchie
    Mais au fond de lui, il vénère
    Goya, Velasquez et Vinci

    Parallèlement à son art
    Ayant son bac avec mention
    Aussi génial qu'il est vantard
    Il dénigre la profession

    Bien qu'à Paris le dadaïsme
    Ainsi que le surréalisme
    Soient tous deux à leur paroxysme
    Pour lui pas de favoritisme

    En Salvador, la seule école
    Qui peut trouver grâce à ses yeux
    C'est celle de ces idées folles
    Que l'on ne prend pas au sérieux

    En vingt-trois, Salvador rencontre
    Garcia-Lorca et Luis Buñuel
    Deux années plus tard, il se montre
    Avec d'autres intellectuels

    André Breton, René Magritte
    Paul Éluard et Gala, sa femme
    À qui il déclare de suite
    Discrètement sa tendre flamme

    Mais la donzelle est déjà prise
    Par un amant peu scrupuleux
    Il doit attendre sa promise
    Jusqu'en mil neuf cent trente-deux

    La seconde guerre mondiale
    Fait fuir le couple réuni
    Lors, à New York où il s'installe
    Salvador fait parler de lui

    Bientôt le musée d'Art moderne
    Expose une œuvre sur sa vie
    Tandis qu'un dictateur gouverne
    Là-bas, dans sa mère patrie

    De retour en Catalogne
    Les Dali retrouvent leur nid
    Mais au contraire des cigognes
    Passent leurs hivers à Paris

    Le maître toujours prolifique
    Décuplant son brio technique
    S'intéresse aux effets optiques
    Et redevient bon catholique

    Fin quarante-neuf, Pie XII
    Sensible à sa foi retrouvée
    Reçoit Dali et son épouse
    À Rome, en audience privée

    Dans ses peintures, la physique
    Se mélange à la religion
    Dont les "éléments angéliques"
    Sont "les protons et les neutrons"

    Semant le flou chez les critiques
    Il rend difficile leur tâche
    Laissant aux médias grand public
    L'analyse de ses moustaches

    Toujours plus imaginatif
    Il peint, écrit, grave des pierres
    Sculpte des volumes massifs
    Son génie n'a pas de frontières

    Entre Figueras et Paris
    Dali mène une vie somptuaire
    On prétend qu'il gagne sa vie
    Mieux que mister Eisenhower

    Vers mil neuf cent soixante-quatre
    Dali a une idée tenace
    Ériger un musée-théâtre
    Dans sa ville de Figueras

    Et dans ce musée à sa gloire
    Salvador est à la manœuvre
    Avec des artistes notoires
    Il y travaille à ses chefs-d'œuvre

    Dali devient incontournable
    C'est un Espagnol peu chauvin
    Et dans un français impeccable
    Il loue le chocolat Lanvin

    En avril soixante-dix-neuf
    Le clou de son exposition
    C'est une auto qui, flambant neuf
    Avec un œuf, pend au plafond

    Cette année-là, l'Académie
    Française lui ouvre ses portes
    Son discours est un tel fouillis
    Ne sait quel message il comporte

    L'an suivant une alerte sonne
    Dans le corps de l'illustre maître
    La maladie de Parkinson
    Le fait trembler de tout son être

    Le malheur ne cesse pas là
    L'incendie de son domicile
    La mort de sa femme Gala
    Lui rendent la vie difficile

    En novembre quatre-vingt-huit
    Il fait un malaise cardiaque
    On l'hospitalise de suite
    Mais la machine se détraque

    Il décède au mois de janvier
    En murmurant ces derniers mots :
    "Enfin l'occasion m'est donnée
    De croiser mon alter ego"

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaires ( 0 ) (Ajouter un commentaire)

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet