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« Venus d’autre part »
Il fut à venir en ce monde,
La nuit, sur un chemin sombre,
Au pied d’un olivier sans ombre.
Que de portes sa pauvre mère heurta,
Sans que jamais, une seule ne s’ouvre.
Pour enfanter, que le fossé il lui resta.
Emigrée, étrangère en ce pays, elle était.
Aucun droit, en ces lieux, elle n’avait.
Si non celui, en silence, de douleur, pleurer.
Son début de vie vint donc dans ce fossé.
Seul abri que la pauvre misère disposait,
pour qu’il boive, d’un sein, un peu de lait.
Ce fut là, lui a-t-on raconté, peu de temps après,
Que la vie de sa mère, dans ses pleures, s’éteignit
Sans que nul n’en fut affligé ou même contrarié.
Par obligation, on la mit en terre. Où ? Il ne le saura jamais !
Lui, il a grandi sans racines, dans le reproche de n’être rien,
En ce pays où seul est béni, celui qui y arrive scintillant d’or.
Johan (JR.).
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