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« Griffures d’amour »
Ce matin la ronce, de son épine, a déchiré ma main.
Que crut-elle donc, cette tige longue et cruelle,
Que je passais indifférant, sans un regard pour elle,
Alors que, d’usage, calmement je l’écarte du chemin.
Pour qui se prend-elle donc pour me punir ainsi !
Pense-t-elle que par cet écartement je ne l’aime point !
Alors que mon cœur, d’en faire une amie, a choisi
Et que jamais, de mon estime, je la tiendrai très loin.
Allons, ne l’ai-je point, un temps, gentiment caressée,
Pour essayer de saisir les jolies mures qu’elle m’offrait.
J’ai payé de méchantes griffures, mes gourmands errements
Et elle-même, de mon sang elle a bu, par ses enchantements
Je pourrai de mon bâton de pèlerin, un chemin, me frayer.
Jouer ainsi les maitres du monde et la mettre en malheur,
Dédaignant de contempler les cinq pétales de ses jolies fleurs
Au profit d’un passage sans risque en ses méandres acérés
Mal que je ne lui ferai pas car, d’amitié, elle est en mon cœur.
Dame ronce, ce n’est pas parce que en amour je vous tiens,
Que vous avez, quand ça vous plait, sur moi des droits.
Votre bon plaisir, d’aimer ou de griffer, en mon endroit,
M’amène à vous dire, haut et fort, qu’a nul je n’appartiens
Et, qu’en respect, chacun se doit, pour l’autre, d’être enclin.
Johan (JR.).
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