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Oh ! Scélérats mots, qui peuplent les jours,
Au poids au kilo, que de gaspillage !
Des mots-météo, pour jouer le tour,
Pour combler le vide, que de babillages !
Enfilés superbes sur des phrases entières,
Faire vibrer l’air, rompre le silence,
Radio-humanos des portes-cochères,
Ça parle de tout, et de providence.
Planète bavarde, comme une toupie,
Depuis que ça cause ça avance peu,
Mais les mots ça fuse, et puis c’est gratuit,
Alors tant qu’à faire, savez-vous qu’il pleut ?
La communication devient de la fiction
Bien souvent tristement quand les mots sonnent creux,
Mais on fait tant semblant, et de tant de façons,
Que de parler de rien ça fait partie du jeu.
Oh ! Mots qui peuvent aussi exprimer l’essentiel
Et prendre la valeur d’un langage authentique,
Oh ! Oui bien quelquefois ils sont vrais plus réels
Des mots, qui tout d’un coup se transforment en musique.
Et puis peu de paroles, pour laisser le silence,
Exprimer tout autant lui aussi sa raison,
Laisser faire aux mots juste à point la balance,
Judicieux, et choisis en mûre réflexion.
Et il y a tant de choses aussi, tant de langages,
Et qui n’ont nul besoin de mots pour ajouter,
Des yeux qui sont bavards, sans le moindre tapage,
Un sourire parfois fais mieux que l’alphabet.
Et si tu veux savoir vraiment quel est mon âge
Ne me fais pas parler sans arrêt s’il te plaît,
Je te laisse le temps d’écouter cette page,
Et puis tu pourras bien faire le reste à pied.
Non, ce n’est pas vraiment que je sois un sauvage,
Mais de parler toujours me donne le hoquet,
Je préfère des fois ne rien dire, et je change,
Pour offrir la musique plutôt que de parler.
Et lorsque de l’amour jaillit, inonde tout,
Jusqu’au sang de tes veines et ta moelle épinière,
Lorsque ta tête change et voit vrai tout d’un coup,
Lorsque où il n’y avait rien vient une pépinière.
Les mots, s’ils sont le verbe, remplissent leur fonction,
Mais ils s’arrêtent en route, après vient la musique,
Après vient tout cela qui n’a plus aucun nom,
Quand d’un coup l’ordinaire prend des airs de reliques.
Oh ! Scélérats mots, qui peuplent nos jours,
Au poids au kilo, que de gaspillage !
Des mots-météo, pour parler du jour,
Le verbe se perd dans les babillages.
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