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Approches apophatiques.
…..Il lui semblait, parfois, disait-elle d’une Voix neutre, presque inaudible, n’être Personne, approcher une Zone, un Etat d’Inexistence et de Sommeil, seulement une vague semi-Conscience vide d’Objets, ni Attention ni Léthargie ni Rêverie, à peine quelques Mots silencieux, fugitifs, quelques fuyantes Images sans Contours lui traversant l’Esprit, ni Regard ni Vision ni Impression, elle ne savait quelle Sidération intérieure, passagère, venue de nulle Part, ni Présence ni Mémoire, un Corps à peine Corps, ni souffrant ni sentant, ni présent ni absent, une Sorte d’État de Grâce et de Légèreté, un Bercement suave, au-delà du Bien et du Mal, du Mouvement et du Repos et comme un Sourire indéfinissable de Joconde, ni Ravissement ni Mélancolie, hors du Temps, à la fine Lisière de l’Espace et de l’Absence…..
Parfois, désespérant de trouver l’Un et de nommer l’Unique, saisi par le Vertige de la Pluralité des Êtres et des Choses, devant l’Inaccessible, devant la Profusion sidérante des Mondes et l’indicible Fécondité spontanée du Réel, parfois, je m’essayais à la Voie négative, ni Ceci ni Cela, la Nescience mystique, la Retenue des Litanies apophatiques et le Silence vigilant devant l’Intarissable en Acte et l’Ineffable et je laissais se dérouler en moi la Psalmodie des Négations que m’adressaient des Voix impersonnelles : tu n’atteindras et tu ne saisiras ni les Idées éternelles, ni Modèle ni Centre ni Point nodal, ni Racine ni Base, ni Fond ni Fondation, ni Source ni Création, ni Materia Prima ni Cinabre sublime, ni Etoile majeure ni Moment initial ni l’Antérieur suprême, ni Lieu de l’Origine ni Chambre ardente ni Graal désirable, ni Seuil ni Pays ni Demeure, ni sainte Table ni Tabernacle ni Tour votive, ni Souffle primordial, ni Mère ni Père des Choses et des Êtres, ni Rêve annonciateur ni le plus Haut des Cieux ni le plus Bas du Monde, ni Energie vitale, ni Dieu ni Maître ni le grand Un, ni Solstice ni Nadir ni Zénith ni Fleur astrale ni Pierre philosophale, tu n’atteindras ni la Tranquillité de l’Âme ni l’Essence du Mouvement ni le Secret de Vie, ni Mission ni Destin ni Parousie ni Corps glorieux ni Haute Poésie ni Langue originelle, ni Parole première ni Parole dernière, ni Alchimie verbale ni Syntaxe logique ni Grammaire universelle ni le Nom de tous les Noms ni le Verbe des Verbes ni la Cathédrale de l’Oeuvre, ni Plan ni Ordre, ni Elixir de longue Vie ni Fontaine de Jouvence ni le Germe du Vivant ni le Pourquoi de la Mort, ni l’Homme intérieur ni l’Homme intégral ni le Croisement des Energies ni les Analogies élémentaires ni les Sympathies corporelles ni les Correspondances du Corps et du Cosmos ni l’Ordonnancement cosmogonique, ni Salut ni Consolation ni Accomplissement de Soi, ni Compassion ni Fraternité réelles, ni la Connaissance de l’Autre ni l’Essence inaccessible du Moi, ni l’Apaisement des Passions ni la Dilution durable des Désirs ni les Limons profonds de la Mémoire ni les Alluvions de l’Obscur qui nous traverse, ni le Soleil ni le Bleu de la Nuit, ni Talisman ni Guérison magique ni éternelle Jeunesse…..mais l’Epars, le Disjoint, la Vérité et la Non-Vérité de la Dislocation de la Mouvance et de la Mort, l’Eloignement et les Infinités tragiques d’Univers et les Atermoiements et les Intermittences, l’Homme humilié dans ses Limites, dans le grand Abandon à la Liberté pathétique de l’Errance….. » Ô Humanité ! »......
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