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LA PETITE CANCRE.

le samedi 07 juillet 2018, à 02:15. Posté par yylang


    LA PETITE CANCRE ——


    La petite cancre Zoé,
    a une robe qui pendouille
    des godillots crottés de gadouille
    des chaussettes trouées
    Sa tignasse broussaille,
    Reflète la paille,
    Son tablier effiloché laisse dépasser
    un mouchoir tirebouchonné.

    Ses cahiers,bien sûr, sont pleins de pâtés!
    Elle a beau essayer, Elle n'arrivera jamais,
    A écrire sans fautes ses dictées,
    Pourquoi met-on des "x" au bout des poux
    Et des « s » au bout des sous?
    Sans doute que les "x", servent à multiplier?
    c‘est bien vrai elle a de plus en plus de poux,
    Et de moins en moins de sous.

    Mais elle n’a toujours que deux genoux,
    et des bijoux, pas du tout!
    Et puis, au fond,
    suçotant le bout de son crayon,
    Songe-telle, en contemplant le plafond,
    Où elle voit voler des avions,
    A quoi sert tout ce savoir,
    Qu’elle doit entasser dans sa mémoire?

    Si on pouvait lui expliquer surtout,
    Par quelle magie,
    Connaitre,la règle des « s » et des hiboux
    Lui changerait sa vie,
    L’ empêcherait de traire la vache, la dispenserait de ravauder,
    La débarrasserait de moissonner le blé?
    ELLe a beau réfléchir, elle ne voit pas le rapport.
    Ce doute mine un peu ses efforts.

    Pourtant, avec la foi du charbonnier,
    Elle essaie de se concentrer,
    Et même s'applique à bien écouter
    Les rengaines rabâchées,
    Le bourdonnement assommant
    Le chant assonnant,incessant,
    A longueur journée de la maîtresse au tableau
    Qui aligne avec passion des divisions à zéros…

    Les images, les bons points, les éloges sucrés,
    Les beaux compliments,
    Sont toujours,évidemment
    Pour La fille du maire, Marie-Aglaé
    Avec ses jupes plissées et ses cols amidonnés
    Qui garde le doigt levé,
    A longueur de journée,
    Pour montrer qu’elle sait,

    A moins peut-être qu’elle ne puisse plier,
    Son coude,et sa main serait paralysée?
    Bah!…Une mocheté bigleuse et bigote !!!
    Mais,voilà que soudain, En courant, une idée rigolote,
    Traverse l’esprit de Zoé, avec un drôle de bruit,
    Comme un petit gargouillis,
    La dernière bêtise de Lolotte,
    Qui a mis une grenouille dans sa culotte

    Et sa jupe qui se soulevait
    Avec des mouvements saccadés qui la chatouillaient
    Elle la revoie, pouffe en se tortillant,toussote.
    Pour étouffer le fou-rire,
    Qu'elle ne peut retenir,
    Et va se propager…à une vitesse supersonique
    Dans l’enceinte de la classe qui résonne hystérique.
    La maîtresse en colère,

    Crie pour les faire taire
    Exaspérée, elle envoie la coupable au piquet.
    Enfin délivrée,A la récré,
    Elle court, vite, vite , pour rattraper
    Hélène,le fille du pâtissier,
    Qui a dans sa poche
    Tout un lot de papillotes bariolées
    Qu'elle refuse de partager,

    Par les basques, elle l'accroche,
    Tire , pousse, gifle, c'est la bagarre déclenchée,
    La mêlée généralisée.
    Elle se défend très vaillamment,
    Darkvador serait satisfait
    D’un disciple si parfait,
    Griffe et mord ardemment.
    Soudain, elle entend:

    "C'est encore toi, décidément,
    L'origine de ce déchaînement,
    T'as vraiment le démon dans les poumons.
    Cette fois,c'est l'expulsion
    On ne pleut plus te garder,
    Avec cette indiscipline répétées
    Tu seras renvoyée. trois jours d affilé."
    Elle baisse la tête honteusement.

    Des larmes au bord du nez,
    Et se fait tirer l'oreille jusqu'au sang.
    Le soir, tristement, elle part à cloche-pied,
    Son chagrin à peine avalée,
    Elle se promet que demain sera different,
    Pleine de bonnes résolutions
    Juré, elle va rentrer directement,
    Apprendre ses leçons.

    Rien ne pourra l'en dissuader.
    Mais voilà qu' Olivier, le grand dadais,
    L'apprenti du chantier d'à côté,
    L'attend auprès de son peuplier préféré,
    En se dandinant gauchement,sur un pied,
    Avec un petit bouquet
    De campanules et de bleuets,
    Fraîchement dérobés,

    A un vieux parapet,
    D’où elles s’échappaient.
    Alors, ils se prennent la main,
    Et changent de chemin,
    Passent en riant le petit pont,
    Au dessus du Mirmion.
    Et s'élancent en gambadant,
    A travers les champs.

    Pour aller surveiller, dans un coin ombragé,
    Territoire secret,
    Leur nichée de moineaux protégés,
    Et leur donner la becquée
    De quelques graminées.
    Olivier, coquin, veut en profiter,
    Pour lui poser dans le cou ,
    Des petits baisers très doux.

    Elle veut résister, et se défend ,
    Un peu, pourtant.
    Peut être qu'un jour, ils auront
    Une maison remplie d’oisillons….
    Soudain, elle se sauve en courant, paniquée,
    L'heure si vite a tourné!!
    Le soir est arrivé, sans qu'elle ait réalisé.
    Il est bien trop tard pour les devoirs,

    Et même l'heure est passée, du souper,
    Encore une taloche qu'elle va recevoir!
    En guise de bonsoir! rite sacrificatoire,
    Dans la paille près de l'abreuvoir,
    Elle va se coucher.
    Ah! Qu'il est injuste d'être si mal-aimée,
    Quand on a un coeur vaste à l'infini,
    Qui ne sait résister à l'appel de la vie!….




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