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Au cœur de mon jardin, il manquait une fée
Pour qu'il retrouve une âme et puisse refleurir ;
Sans un parfum de femme, il risquait de mourir
Comme se fane et meurt une rose assoiffée.
Quand je vous ai connue — adorable trophée —
J'ai vu, du paradis, les portes s'entrouvrir ;
Je n'ai plus qu'un espoir, qu'un souhait, qu'un désir :
Soyez mon Eurydice et je veux être Orphée.
Ma lyre aura pour vous de merveilleux accents
Et nous nous livrerons à des jeux innocents
Assis sous le sorbier, bien cachés sous son ombre.
Mais quand vos yeux crieront enfin le nom Amour,
Moi, je vous couvrirai, chaque nuit, chaque jour,
De mille mots-tendresse et de baisers sans nombre.
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