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Stéphane Mallarmé revisité (1842-1898)

le mercredi 18 juillet 2018, à 11:52. Posté par Michel Ernest


    Dans le passé, les grands poètes
    Se réunissaient en salons
    Et d'une rime guillerette
    Échangeaient maintes opinions

    Puis un beau jour la chansonnette
    Remplaça ces académies
    Et les derniers princes poètes
    Se muèrent en rois maudits

    C'est à l'un de ces derniers maîtres
    Bien loin d'être le plus connu
    Mais un des plus complets, peut-être
    Que mon poème est dévolu

    Lorsque Stéphane, à la lumière
    Ouvre ses petits yeux surpris
    Ses parents sont haut-fonctionnaires
    Dans un ministère à Paris

    Il perd sa mère vers cinq ans
    Son père tout à ses fonctions
    Confie Stéphane aux grands-parents
    Qui le mettent vite en pension

    Là, il est si mauvais élève
    Qu'il se fait bientôt renvoyer
    Et les deux bons aïeux l'élèvent
    Entre l'école et le foyer

    En mil huit cent cinquante-sept
    Pensionnaire au lycée de Sens
    Il étudie les grands poètes
    Et dans la rime aussi se lance

    Il entre dans la vie active
    Comme jeune surnuméraire
    Être prof, certes le motive
    Mais moins qu'Hugo et Baudelaire

    À Sens, il fait la connaissance
    D'une avenante gouvernante
    Une Allemande de naissance
    Qu'il aime séance tenante

    Le couple quitte l'Hexagone
    Pour l'Angleterre, un an complet
    Puis se fixe à Tournon-sur-Rhône
    Où Stéphane enseigne l'anglais

    C'est là, entre deux vers de rêve
    Las de goûter "L'Amer repos"
    Que naît sa fille Geneviève
    Une muse dans son berceau

    Ami de Frédéric Mistral
    Et des poètes autochtones
    Il écrit dans l'air provençal
    D'un jet "L'Après-midi d'un faune"

    En mil huit cent soixante-sept
    Il est en poste à Avignon
    Mais rien ne va plus dans sa tête
    Il fait comme une dépression

    Lors, en quête de beauté pure
    Que seuls les arts peuvent créer
    Stéphane entreprend l'écriture
    D'un conte que l'on peut chanter

    À vingt-huit ans, il démissionne
    De son poste de professeur
    En même temps qu'à Sedan sonne
    L'abdication de l'Empereur

    Après un cours séjour à Sens
    Où son fils Anatole naît
    C'est au cœur de l'île de France
    Que s'installent les Mallarmé

    Rue de Moscou, dans le huitième
    Chaque mardi, Stéphane invite
    Les grands commetteurs de poèmes
    Plumes bénies, plumes maudites

    Édouard Manet, Arthur Rimbaud
    Paul Verlaine, Émile Zola
    Même le grand Victor Hugo
    Sont passés une fois, par là

    Stéphane, de santé fragile,
    Acquiert près de Fontainebleau
    Une ancienne auberge tranquille
    Où "les jours s'engouffrent dans l'eau"

    En mil huit cent quatre-vingt-quatre
    Stéphane a quarante-deux ans
    Les jeunes auteurs l'idolâtrent
    Les anciens sont condescendants

    Mais la valeur de ses écrits
    Ne nourrissant pas le brave homme
    Au lycée Janson-de-Sailly
    L'Instruction publique le nomme

    Et retrouvant le fol espoir
    Il écrit sans hésitation
    "M'introduire dans ton histoire"
    Un poème sans ponctuation

    Toujours fécond, presque prolixe
    Il écrit maintes poésies
    Dont le fameux "Sonnet en X"
    Sur lequel Paris s'extasie

    À quarante-neuf ans, Stéphane
    A la santé qui se délabre
    Mais point ne s'aide d'une canne
    Foin de cette danse macabre !

    En novembre quatre-vingt-treize
    Il prend sa retraite, en avance
    Et pour la capitale anglaise
    Il part faire des conférences

    La mort de son ami Verlaine
    Survenant sur ces entrefaites
    Lui confère avec quelque gêne
    Le rang de prince des poètes

    En janvier quatre-vingt-dix-huit
    À Zola, il offre son aide
    Contre le peuple qui s'excite
    Sur le pauvre Dreyfus Alfred

    Retiré dans sa maisonnette
    De Seine-et-Marne, au bord de l'eau
    Soudain le prince des poètes
    Au suivant passe le flambeau

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
liameliavq le mercredi 18 juillet 2018, à 16:49
Un bien bel hommage !
Bravo !
Amicalement.
LN.

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