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Quand j'ai le sentiment d'un fardeau trop pesant,
Le manteau de la nuit qui vient enfin s'étendre
Sur les toits du village, arrive à me détendre
Et le calme du soir m'envahit, apaisant.
Là, dans le clair-obscur, je revis mon passé,
Je vois dans le miroir du temps ton beau visage,
Ton sourire, tes yeux, et toujours cette image :
Le petit banc, le parc, où tu m'as embrassé.
J'étais si jeune encor, je n'avais que quinze ans,
Un enfant, un gamin sans nulle expérience,
Tu n'avais guère plus ; nous avions cette chance
De n'être tous les deux que des adolescents.
Le soir avait couvert le parc silencieux,
Complice des désirs que le noir favorise,
De ton geste, tu fus la première surprise :
Tu m'offris un baiser tendre et délicieux.
Et sous le clair de lune, alors, j'ai déliré
Imaginant déjà mille et une romances...
Mais ce ne fut hélas qu'un amour de vacances,
Quand il fallut partir, mon cœur s'est déchiré.
Ces tout premiers baisers qui nous avaient liés,
Ces fleurs de nos quinze ans ne se sont pas fanées,
L'enfant qu'alors j'étais, malgré bien des années,
Jamais, oh non, jamais ! ne les a oubliés !
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