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« Une matinée d’été de mon enfance »
La porte, qui grince en tournant sur ses gonds,
Laisse passer un fin et long rayon de lumière,
Où flottent de petites particules de poussière,
Qui dansent au gré d’un virevoltant courant d’air.
Un tendre baiser sur mon front vient me réveiller,
Et un murmure à mon oreille me dit de me lever,
Me faisant perdre la conscience du rêve où j’étais,
Mais que je retrouverai à la prochaine nuit étoilée
Les traces de buée laissées par mes nus et chauds pieds
S’effacent sur le sol froid des ocrées tomettes cirées,
Ils suivent le vague chemin tortueux difficilement tracé,
Par ma tête embrumée, des vapeurs qui s’y sont déposées.
Mon bol est posé sur la toile cirée de la table de bois de noyer,
Qui est parsemée de miettes de pain et de croutons abandonnés.
Elle est auréolée de-ci de-là, de cercles marron et noir laissés,
Par les fonds des grands bols de ceux qui, déjà, avaient mangé.
Ainsi rassasié par de grosses tartines beurrées trempées
Je vais sauter dans les eaux claires du ruisseau d’à côté
Pour y faire un barrage afin d’y pêcher les tigrés vairons,
Qui, plongés dans la friture, le soir au diner, régaleront
Tous ceux dont la journée s’est passée à faire la fenaison
J’entends les appels de ma mère pour que je vienne déjeuner,
Auxquels je ne réponds tardivement qu’en trainant les pieds,
Car il me faudra subir ses reproches sur ma tenue débrayée
Et de l’odeur de vase qui, sur mes vêtements est imprégnée.
Ainsi se passait une matinée d’été de mon enfance !
Johan (JR.).
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