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(Poème court)
« Le bûcher » (Montségur, 16 mars 1244)
D’abord il y eut la fumée qui longea mon corps fébrile.
Elle envahit mon souffle en martelant mes temples.
Cela dura longtemps, indéfiniment.
Puis ma tête doucement se penche sur mon épaule.
Ma vie s’en va.
Qu’il en soit ainsi !
Soudain, ravivant ma conscience, les flammes jaillissent et viennent lécher mes chaires
Qui noircissent et éclatent dans le crépitement de mes cheveux en torche.
Une douleur fulgurante s’empare de mon être et enserre mon cœur.
Mon agonie implore la délivrance qui ne vient pas
Alors il me faut, dans un dernier sursaut, pousser mon dernier cri qui, maudissant ce monde, libérera mon âme de son enveloppe de peine.
Johan (JR.).
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