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« Dame futile »
Il était fragile comme le verre.
Elle était solide comme le fer.
Lui, la regardait sans oser.
Elle avait déjà sa petite idée.
Je te protégerai lui disait-elle,
Viens donc un peu me câliner.
A cette supplique il succomba,
Dans une boîte ouatée se retrouva.
Nul autre qu’elle ne lui fit de mal.
Elle le brisa et le recolla bien des fois,
Sans se préoccuper qu’il devenait bancal.
Par elle, en plus de moche, il devint vulnérable
Que faire d’un si vilain compagnon, s’interrogeait-elle ?
Rien assurément, sinon le remplacer, réfléchissait-elle !
Oui mais, par qui d’autre d’aussi docile, se demandait-elle ?
Elle prit nouveau minois et jeta celui-ci dans une poubelle.
Du noir malodorant il se sentit tirer par une main bien belle.
Qui le répara, le soigna et l’aima comme son cœur le méritait
Le temps passa ainsi dans l’oubli du passé en cette vie nouvelle.
Puis un jour, mendiant, sur le trottoir, il vit celle qui l’avait jeté.
Un sourire il lui fit. La main il lui tendit. Sa dignité, il lui rendit
Puis dit qu’il lui pardonnait et, en plus, il lui disait grand merci,
Car, d’être vraiment aimé par gentille Dame, elle lui avait permis.
Johan (JR.).
Illustration : « La Gimblette » Tableau de Jean-Honoré Fragonard. 1765 – 1772.
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