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« Ma première et unique Amoureuse »
Je la revois m’attendre au bout de l’allée, à la barrière.
Elle était toujours habillée de charmantes tenues claires
La taille soulignée par un large ruban noué par-derrière
Le même qui, tenant ses cheveux noirs, flottait dans l’air.
Son visage était radieux, lorsqu’elle m’ouvrait ses bras,
Pour me donner le bisou qu’elle avait gardé que pour moi.
Sa main se glissait vite dans la mienne, allumant nos émois,
Avant d’aller courser en riant, dans le pré, les méchantes oies.
C’était vers elle, à mon réveil que toujours mon esprit allait,
Imaginant ce que seront nos aventures en cette neuve journée.
C’était à elle, à son oreille, que je racontais tous mes secrets.
C’était elle, en pouffant de rires qui, mes contrariétés, effaçait.
Quand la nuit tombait et que la fatigue du jour nous envahissait,
Par habitude, sa tête, pour un câlin, sur mon épaule, s’installait.
Je humais alors, l’odeur de sa peau à la senteur de bonbons acidulés.
On se disait au revoir au bout de l’allée, déjà à demain dans nos pensées.
Elle partit avec l’été, vers je ne sais quel lieu forcement monotone.
Mouillant mon cœur comme le fait la première pluie d’automne,
Installant au fond de moi l’éphémère chagrin qui allait faire d’elle,
Ma première amoureuse, une réalité lointaine, oh combien réelle ,
Puisque depuis ce temps d’enfance, elle a accompagné ma vie, jusqu’à encore aujourd’hui.
Johan (JR.).
Image : « Amoureux » Tableau de Fréderic E. Morgan. (1847- 1927).
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