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Joseph Vacher revisité (1869-1898)

le jeudi 02 août 2018, à 18:43. Posté par Michel Ernest


    Vacher, dit le "tueur de bergères"
    Et bien sûr de bergers aussi
    D'après la plupart des experts
    Fut le premier tueur en série

    Il naît à Beaufort-en-Isère
    Dans une région idéale
    Où travaille un de ses compères
    J'ai nommé le facteur Cheval

    Son père est un agriculteur
    Qui a entouré son Joseph
    De quatorze frères et sœurs
    Lors de soirées sans T.S.F.

    Gamin, Joseph est hypocrite
    Et même très souvent violent
    Comme si le démon l'habite
    Il cogne les autres enfants

    À quatorze ans, quand meurt sa mère
    Il fait déjà parler de lui
    En torturant un pauvre hère
    Oui mais il a un alibi

    Après deux années chez les "Frères"
    D'où il a été renvoyé
    Pour son très mauvais caractère
    Et sa grande immoralité

    Joseph retourne chez son père
    S'atteler aux travaux des champs
    C'est là qu'il viole une bergère
    Qui n'a pas encore treize ans

    Après cette conduite ignoble
    Il part habiter chez sa sœur
    Qui fait le tapin à Grenoble
    Où il y fait le joli cœur

    Hélas un virus s'inocule
    Dans son appareil génital
    Et l'ablation d'un testicule
    Le met toujours de mauvais poil

    Vient le service militaire
    Où, fraîchement nommé sergent
    Il s'éprend d'une cantinière
    Qui s'appelle Louise Barrand

    En mil huit cent quatre vingt-treize
    Pour retrouver sa dulcinée
    Joseph quitte l'armée française
    Bien décidé à l'épouser

    Face au refus de la donzelle
    Éprise d'un autre soldat
    Il tire un coup de feu sur elle
    Et un autre vers son œil droit

    Considéré comme innocent
    Car psychiquement atteint
    À l'asile on l'envoie céans
    Pour lui prodiguer quelques soins

    Peu après, Joseph se débine
    Mais il est très vite repris
    Six mois plus tard la médecine
    Le juge tout à fait guéri

    Alors Joseph quitte l'asile
    Avec sa balle dans le crâne
    Il eût été trop difficile
    En ce temps là qu'on le trépane

    Bientôt il viole et assassine
    Une ouvrière de vingt ans
    À cent mètres de son usine
    Sans qu'on le suspecte un instant

    Sur son chemin de solitude
    Vacher est livré à lui-même
    Il prend la direction du Sud
    Sans trop se poser de problème

    Il chemine de ferme en ferme
    Travaillant pour quelques billets
    Puis quand l'argent arrive à terme
    Il vole dans les poulaillers

    Et quand il croise d'autres personnes
    Berger, bergère ou vagabond
    Il les dépouille et puis s'adonne
    À d'horribles mutilations

    Chaque fois c'est la même chose
    La police y perd son latin
    De pauvres gens sont mis en cause
    Car le monstre est déjà très loin

    En mil huit cent quatre-vingt-seize
    Enfin Vacher est aux arrêts
    Mais celui-ci est très à l'aise
    Car le motif est bien désuet

    En prison pour coups et blessures
    Il est très vite relâché
    Tandis qu'en autre préfecture
    On s'active à le rechercher

    Vacher en est à son trentième
    Homicide et viols accomplis
    Dont la moitié de post-mortem
    Tous bizarrement impunis

    À l'été quatre-vingt-dix-sept
    Il est pris en flagrant délit
    De tenter une galipette
    Sur une bergère endormie

    Encore une fois on l'arrête
    On l'emprisonne pour trois mois
    Et puis à la rue on le jette
    Car Interpol n'existe pas

    Sauf que le juge qui enquête
    Une espèce de "profileur"
    A sa petite idée en tête
    Au sujet des multiples tueurs

    Aussi pensant que ces carnages
    Sont tous l'œuvre de son client
    Il prétexte écrire un ouvrage
    Sur les vagabonds et mendiants

    Il interroge la crapule
    Pour reconstituer son chemin
    Que le vantard récapitule
    Se faisant ainsi l'assassin

    À l'hiver quatre-vingt-dix-sept
    Toujours roublard et capricieux
    Contre sa vie dans les gazettes
    Joseph Vacher passe aux aveux

    Un an après, c'est en victime
    Qu'il est présent au tribunal
    Ne confessant que onze crimes
    Car sa tête lui fait trop mal

    Un an après, c'est en victime
    Qu'il est présent au tribunal
    Ne confessant que onze crimes
    Car sa tête lui fait trop mal

    Un certain docteur Lacassagne
    Expert auprès des tribunaux
    Jure que ce mal ne se soigne
    Qu'en la présence du bourreau

    Le vingt-huit octobre, la Cour
    Condamne le monstre Vacher
    Pour son démoniaque parcours
    À avoir la tête tranchée

    Lors, le dernier jour de décembre
    Vacher courbe la tête enfin
    Mais moins fier que n'était Sicambre
    Son chef saute dans le couffin

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
rivaudais le jeudi 02 août 2018, à 19:22
Merci vraiment cher Michel Ernest. J'apprends des choses avec vous et me "resitue" d'autres que j'avais oubliées ou mal apprises. Je ne savais rien de ce tueur en série. je vais me renseigner mais ce que vous en dîtes , c'est déjà beaucoup

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