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Je me souviens de vous, frêle et toute menue,
Je vous ai rencontrée au hasard des cafés ;
Pour étancher la soif de nos corps assoiffés,
Vous m'avez apaisé, vous, ma belle inconnue.
J'avais pourtant l'espoir, quand vous reposiez nue
Sur le tissu soyeux, vos cheveux décoiffés
Après l'accoisement de nos sens échauffés,
De vous revoir : jamais, vous n'êtes revenue.
N'aurai-je été pour vous que l'acteur d'un désir,
Le passager fortuit d'une nuit de plaisir,
Le vertige furtif de votre jouissance ?
Il me semble sentir vos lèvres sous mes doigts,
Entendre dans la nuit l'écho de votre voix :
Je caresse votre ombre et j'étreins votre absence.
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