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Mon âme erre sur l'asphalte, morne et fade étendue,
En pas redondant, écho à ce monde.
Mon être titube sur un bitume immonde
Où chaque mètre d’ennui au centuple m'est rendu.
Mon cœur se tord, se crispe et se meurt,
Fantôme de gravier, en l'habitude demeure.
Mon esprit convulse, se fend et s'étrangle,
Spectre à raviver en variant les angles.
Je me sens dévoré par un démon cruel,
Machiavélique et sournois ménestrel.
Il veut s'évader en un cri mélodieux,
Sauvage, spontané et délicieusement odieux.
Un hurlement de bravoure à en pleurer de rage.
Un aboiement suave qui se moque des sages.
Un rugissement barbare, vacarme ahuri,
Qui lentement me consume, et toi, tu ris.
Mon masque se fend, je perds le contrôle.
Il accourt en moi, et prend le premier rôle.
Je ne peux le rejeter, encore moins lui dire « non »,
Ce monstre savoureux porte un étrange nom…
Aydan.
Puceau de l'horreur, vierge d'action,
Je tremble de peur à sa lente érection.
Il se tend, se dresse, fougueux et véloce,
Me domine, me maîtrise, il est si féroce.
Je ne me débats pas, en vérité,j'apprécie.
Il est le retour de flamme de toutes mes facéties.
Il est la douce conséquence de mes périls,
L'entame infini d'un renouveau exquis et vil.
Il est là … il vient … il coule en moi.
Mes yeux s'ouvrent sur un horizon monotone,
Qu'importe, je le clos de mots qui détonnent.
Au milieu de cette instable ivresse, une constante,
Une mandorle sacrée terriblement enivrante.
Un ange diabolique au parfum de cendre,
Au regard alambique qui distille mes sens.
Alchimiste élégante qui m'encense,
D'un voile agréable, je me laisse prendre.
Elle flambe, comme moi, et peu à peu se livre.
Sa bouche, elle le sait et en joue, me rend ivre.
Elle est le chapiteau de marbre aux contours d'or,
Qui orne mes jours lorsque la nuit s'endort.
Elle est la cathédrale calcaire, délicat sanctuaire,
Où mes pensées corrosives enfin se repèrent.
Elle est un jardin d'empirisme sans chemins, sans clôtures.
Un dédale de réalisme où mes mains la torturent.
Elle est l'humain qui croit encore, qui rêve toujours,
Celui qui bâti, innove, se bat, et crée chaque jour.
Elle est le phœnix qui du chaos déploie ses ailes,
Survolant ce monde de ses flammes rebelles.
Elle est l'Altaïr solitaire au regard perçant,
Aigle céleste de mystère aux serres m'enlaçant.
Elle est la mélodie que l'on imagine,
La couleur que l'on devine,
Le mot que l'on pense…
Mais …
Que jamais on ne croit trouver.
Elle est mon fantasme artistique,
Ma Muse inédite, et chaotique.
Elle est la genèse de mes mots,
Le remède à mes maux.
Alors je m'allonge et mon pouls en rigodon,
Bat le temps régulier d'une valse nomade.
Ma bouche, affamée, sans cesse rêve,
De sa gorge dénudée, à déguster sans trêve.
Des ses lèvres, arrosées de tendresses,
De ses yeux écarquillés d'ivresses.
Je rêve d'un soupir, au creux de la nuit,
D'un cri symphonique, orchestrant ses désirs,
Empoisonnant ses sens, crime de minuit,
D'un élixir sulfureux au goût de plaisir.
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