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Le vase de Soissons

le vendredi 10 août 2018, à 10:10. Posté par Pierre


    L'histoire "officielle" a souvent été arrangée à la convenance des puissants de ce monde.
    Nous essayons ici de la reconstituer telle qu'elle était... ou presque

    Le fils de Childéric, un jour quitta Tournai
    Et se rendit à Reims, chevauchant un poney ;
    Délaissant son pays, il avait mis les voiles
    Pour le divin confort d'un autel cinq étoiles.
    Ce fut la seule fois, pour être honnête et franc,
    Que l'on vit un évêque officier pour un Franc,
    Et même, qui plus est, lui donner le baptême.
    « Voulez-vous, Chlodowig, encore un peu de Chrême ?
    Juste un petit chouia ? », lui demanda Remi.
    Et Clovis de répondre : « Non merci, mon ami,
    J'ai reçu pour l'instant bien assez d'aromates
    Parfumant à l'excès cette eau que vous versâtes ;
    Non ! Gardez, lui dit-il, ce précieux onguent
    Car chez nous, en Belgique, à Mons, à Liège, à Gand,
    Nous préférons le beurre à votre huile d'olive.
    Mais lâchez, s'il-vous-plaît, cette innocente grive...»
    - « Ce que vous dites grive est colombe, pardi,
    Et cet oiseau nous vient tout droit du paradis. »
    - « Voyez-vous, cher Remi, ma Clotilde est méfiante,
    Car l'autre jour elle eut, sur sa robe, une fiente
    Que même avec Sunlight ne put faire partir,
    Or prévenir vaut mieux, comme on dit, que guérir...
    Alors, fort en colère, elle brisa le vase...»
    Clovis, interrompu, n'acheva pas sa phrase
    Car l'évêque lui dit : « Vous me faites penser :
    Si, par un pur hasard, vous veniez à passer
    Dans notre Soissonnais, ce serait sympathique
    D'aller quérir pour moi le vase liturgique
    Qu'en sa cure détient le bon abbé du lieu ;
    Présentez-vous à lui comme envoyé de Dieu
    Dès lors, il ne pourra que déclore son coffre
    Et mieux que de le vendre, au contraire, il vous l'offre ! »
    C'est ainsi qu'un matin, notre bon Franc salien
    Se rendant à Soissons, acquit pour moins que rien
    De l'humble cureton, la célèbre potiche
    Mais pendant le retour, sa chère et douce biche,
    Piquant une colère, on ne sait trop pourquoi,
    Cassa l'objet sacré sur la tête du roi.
    Ne voulant avouer les querelles intimes
    Dont les hommes souvent sont les pauvres victimes,
    Chlodowig convoqua d'excellents troubadours
    Pour créer un récit que Grégoire de Tours
    A rédigé plus tard afin qu'il se répande...
    Et voilà comment naît souvent une légende !

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
liameliavq le vendredi 10 août 2018, à 18:13
J'adore cette version humoristique teintée de colère féminine cher Pierre.
Et tes alexandrins en rimes suivies ne se remarquent qu'en deuxième lecture attentive tellement l'histoire est fluide : bravo !
Je t'embrasse.
LN.

nemo le dimanche 12 août 2018, à 07:43
Bonjour Hélène,
apparemment, tu es la seule à aimer l'histoire de France "revisitée" par l'iconoclaste que je suis !!! Mais j'assume...
Merci de ton passage.

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