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« Qui est-il ? »
Il était une fois en des temps très reculés,
Autour de nos abris, peu à peu, il apparut.
Il ne faut surtout pas le croire apprivoiser,
Car c’est lui qui a choisi, de nous, d’être vu.
Oh, ne croyez pas que nous l’intéressions !
Nenni, seuls les nuisibles de nos maisons,
Avaient, pour lui, importance en sa raison.
Il faut s’y faire, il est le roi en cette relation.
Nous l’avons en latin nommé « mureligus ».
Ce qui en François veut dire « cueille souris ».
Mais aussi « catus » qui découlait de « catus ».
Dans notre langage d’aujourd’hui, il est le chat.
Johan
Laissez-moi--vous conter son histoire au Moyen-Âge !
* A l’époque médiévale, si le chat est déjà un habitué de la maison, il ne possède pas en ce lieu, la qualité d’animal de compagnie, sauf dans les jeux des enfants et dans l’apaisement de la solitude des vieilles personnes.
* Il est considéré comme un « outil » qui n’a de place dans la demeure de l’homme, ou plutôt de la femme, que de par son utilité à préserver la nourriture des appétits féroces des rongeurs.
* On dit aussi que l’ordonnance d’un foyer nécessite, pour le bien du coffre et de la huche où sont rangées les provisions, d’avoir un « chat aus soris » (d’avoir un chat contre les souris).
* Au regard du trait de caractère d’indépendance du chat, on se demande qui de l’homme ou de l’animal, a apprivoisé l’autre.
* A cette époque médiévale, l’indépendance du chat cause problème à l’homme, car pour que le chat soit utile, il faut le garder à la maison. Oui mais comment ?
* Un ouvrage, traitant des mœurs de cette époque, nous affirme, que c’est en nourrissant bien un chat, qu’on se l’attache et cela, même en période de privation. C’est si important de s’attacher un chat, qu’une devinette de l’époque demande :
« quel est le meilleur achat pour le quaresme (carême) un mauvaiz henrenc (hareng) ou une bonne pomme ? ».
La réponse est :
« le mauvaiz henrenc car le chat ne mengue (mange) pas de pomme ».
* « Les Evangiles de quenouilles » (livre de l’époque) assurent que pour attacher un chat à un foyer, il suffit de le faire tourner trois fois autour de la crémaillère, puis lui frotter les pattes contre le mur de la cheminée.
* Ils garantissent aussi qu’en retirant la beauté du pelage du chat pour l’enlaidir (comme on le faisait à cette époque pour la parure d’une femme afin d’éviter qu’elle ne soit tentée de se montrer au-dehors) on l’empêche de vagabonder.
* Plus que jamais, le chat du Moyen Age est impliqué dans bon nombre de superstitions populaires, par exemple :
* Le chat qui passa sa patte par-dessus son oreille indique à la ménagère médiévale que la pluie est proche et que sa lessive devra attendre pour sécher.
* La graisse du chat permet à l’apothicaire de préparer le remède contre « la goutte ».
* L’herbe de l’endroit où le chat va faire ses besoins, mélangée aux aliments, sert aux Dames de cette époque à rendre leurs maris amoureux.
* Le chat médiéval incarne le démon lorsqu’il est le compagnon du sorcier et de la sorcière.
* Le chat symbolise aussi la folie humaine. Les fous des rois de France médiévaux, portent des vêtements en peau de chat.
* Emmuré lors d’une construction, le chat a le pouvoir de renforcer sa solidité.
* Lorsque le chat qui habituellement y dort, quitte le lit où repose un malade, cela signifie que la fin de ce dernier est proche.
Finissons ce portrait du chat du Moyen Age par une dernière devinette médiévale :
« Qui oncques ne fut ne jamais ne sera » (qu’est-ce qui jamais ne fut ni jamais ne sera).
La réponse :
« C’est le nid d’une soriz en l’oreille d’ung chat » (c’est le nid d’une souris dans l’oreille d’un chat).
Johan (JR.).
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