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Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que les oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
[Stéphane Mallarmé - Brise marine (extrait)]
En naviguant, j'ai vu combien le monde est beau,
L'horizon m'a montré que la Terre était ronde,
Je me souviens du goût de la mer furibonde,
De celui des embruns qui collent à la peau,
Des mille bruits changeants et variés de l'eau,
Du rugissement sourd de l'océan qui gronde
Au friselis que fait la houle vagabonde ;
J'ai gardé leurs couleurs pour en faire un tableau.
Alors, j'ai pris des mots dans le jardin des verbes,
Et je les ai drapés de cantates superbes,
Qu'en pinçant les haubans, le vent me fredonnait.
J'ai saisi les longs cris des goélands rebelles
Qui, dans leurs vols planants, me frôlaient de leurs ailes
Et j'ai tout mélangé pour les peindre en sonnet.
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